Doudou

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J’écris pour ne pas bricoler… au grand soulagement de ma famille, mes amis, mes voisins et de tous les médecins urgentistes de la région grenobloise  [+]

— Que fais-tu Arthur ?
— Du sport Maman !
— Quel sport ?
— Natation !

Marion courut précipitamment vers le jardin, imaginant un scénario catastrophe pour son petit garçon de quatre ans.
Il s'agissait bien d'un scénario catastrophe ; pas pour Arthur, pour son Doudou.
Le petit garçon, allongé dans la piscine gonflable remplie de quelques centimètres d'eau, nageait maladroitement pour atteindre son Doudou qui flottait piteusement quelques brassées devant lui :
— Je vais te sauver Doudou !
— Qu'est-ce que tu fabriques ?
— C'est pour de faux Maman ; je sauve Doudou de la noyade !

Rassurée mais dubitative, Marion se promit d'en parler à Vincent, son mari. Le papa d'Arthur faisait partie des sapeurs-pompiers spécialisés dans le sauvetage aquatique. Plusieurs sentiments l'animèrent lorsque Marion lui raconta les aventures de leur fils : une tendre fierté, une peur rétrospective, une inquiétude devant ses responsabilités paternelles. Marion et Vincent décidèrent d'amener Arthur à la piscine ; la piscine des grands comme il l'appelait. L'étape « brassards » dura deux semaines. Le temps pour Arthur d'appréhender l'élément et de s'y montrer particulièrement à l'aise. Pour l'étape « sans brassards » un maître-nageur prit la suite. Arthur l'étonna favorablement ; il ne rechignait pas à l'effort, suivait scrupuleusement les conseils prodigués et restait calme en toutes circonstances.

Pour un profane, la natation demeure un sport ingrat : tous ces va-et-vient sans contact avec les autres semblent bien fastidieux et ennuyeux. Pour Arthur, ce goût de l'effort en solitaire, cette concentration sur sa glisse, sur sa respiration, allaient forger les caractéristiques principales de son caractère.
Tout au long de sa jeunesse, Arthur concilia harmonieusement scolarité et sport. Son calme, sa pugnacité, sa confiance en lui, lui permirent d'avoir de bons résultats scolaires.
Ses parents s'interrogeaient : « N'est-il pas trop accro à la natation ? A-t-il seulement une idée de ce qu'il voudrait faire plus tard ? »
Oui ! À quinze ans, Arthur avait déjà une idée précise sur son futur métier...
— Que fais-tu Arthur ?
— Je révise Maman !
— Tu révises quoi ?
— Le bouche-à-bouche !
Marion courut vérifier. Il s'agissait bien d'un bouche-à-bouche : sur un mannequin !
Arthur s'esclaffa :
— C'est pour de faux Maman ! Je réanime mon nouveau Doudou ; en polyéthylène, rotomoulé ! Je vais m'orienter vers la médecine... aquatique !

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