Djokovic - Schwartzman / Rome 2020

il y a
2 min
3
lectures
0
Tiens, du public. Nous en sommes donc arrivés à ce point où la normalité nous apparaît étrange. Depuis les demi-finales, mille personnes sont autorisées à prendre place dans le Central du Foro Italico. 1000 personnes dans un stade de 10 000 places, c'est peu, et pourtant, qu'il est bon pour les joueurs d'effleurer à nouveau l'esquisse d'une ovation.

La seule normalité, en ce lieu, est la présence de Djokovic et de Nadal en finale. Attendez une minute... Où est l'espagnol ? Et qui est le petit gars qui suit le serbe ?

Diego Schwartzman, 28 ans. 299 matchs au compteur. Loin d'être un novice du circuit, l'argentin, depuis le début du tournoi, fait corps avec la terre battue. Au point de s'offrir Rafael Nadal en quarts. S'il est vrai que l'espagnol était en cruel manque de rythme, la victoire de Diego constitue néanmoins un exploit majuscule dans sa carrière. Première victoire en dix confrontations, au terme d'un match au cours duquel l'argentin aura dominé le majorquin dans tous les compartiments du jeu, et, surtout, dans les rallyes, là où Rafa est théoriquement imprenable. Écoutez le cri de libération du vainqueur sur la balle de match pour comprendre à quel point cette victoire constitue un phare dans sa carrière. David a battu... le golem de terre battue. Bon, je tacherais de faire un effort pour les prochaines comparaisons.

En demies, Shapovalov a fait mieux que résister, et mieux que Nadal, prenant un set à son adversaire, et servant même pour le match. Mais Schwartzman, sur ce tournoi, a fait preuve d'une solidité mentale digne du Djoker, avec lequel il prit donc rendez-vous ce Lundi.

Il démarre très fort. Break d'entrée, puis double-break : 3-0. Le numéro un mondial carbure au diesel depuis le début du tournoi, mais parvient à recoller immédiatement. 3/3.
Les deux hommes sont lancés, le jeu s'intensifie. Le tournant intervient à 4/4, balle de break pour Schwartzman. Sur un duel au filet, un long de ligne peut lui offrir le point. Il croise, et perd le jeu deux points plus tard. Contre la machine serbe, ce genre d'erreur ne pardonne pas. Il le sait, et se morigène sur la fin du jeu. Djoko, lui, ne rate pas le break à 6/5 et s'empare de la première manche.

Ce n'est pas du grand Djokovic. Ses amorties sont bien moins senties que celles de son adversaire, et il concède 18 fautes directes sur son revers (26 en tout). Néanmoins, à 4/3, Diego commet deux fautes directes, et, sur les deux autres points, est puni par le revers retrouvé de Novak suite à deux décisions hasardeuses. Il concède son service. Djoko ne lâchera plus sa proie : 12/3 sur les 15 derniers points.

Djokovic devient l'homme le plus titré en Masters 1000, et envoie un message fort avant Roland Garros. Mais était-ce nécessaire ? Sur la planète tennis, depuis bien longtemps, il y a lui, et les autres. Son pire ennemi, c'est lui-même.
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !