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Discours sur les Attentats de Paris, 2015

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Gabin

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Il écrivait, sur les murs, sur les pupitres, sur les sols ensanglantés, sur les rochers, sur le papier ; il écrivait, Paul Eluard, le mot Liberté ! Cette chère Liberté, aujourd’hui piétinée, cette chère Liberté, dont la gloire n’appartient qu’au passé.
Cette France des petits matins, qui avait l’odeur des croissants, l’odeur des cafés, qui voyaient les femmes en robe et les hommes chantonner, cette France des petits soirs dont les lumières des villes inondaient le ciel, dont la musique des cabarets joyeux remplissait les rues ; cette France assassinée !
Ce pays maître des droits, ce pays aux devoirs de chacun, cette utopie détruite. Nous voici en deuil, des victimes, et de la France, à nouveau. Une année noire, comme certains vêtements ici, qui témoignent que votre cœur saigne, une année noire, qui se termine comme elle a commencée, dans le sang, dans les larmes et les armes ! Une année noire, mais pas une année de désespoir !

Aujourd’hui, comme le disait Emmeline Pankhurst, nous ne nous rendrons pas !
Aujourd’hui, comme le voulait Nelson Mandela, nous vaincrons le mal !
Aujourd’hui, comme le souhaitait Gandhi, nous serons tous solidaires !
Et tous les vers d’Eluard seront chantés dans les rues du pays !

Nos cœurs, tous tournés vers les familles, les familles, qui nous regardent, tournées vers l’espoir d’un monde meilleur.
Aux pompiers de Paris, les premiers sur les lieux du drame, à combattre sans rien ; aux policiers, qui ont vu leurs amis mourir ; à l’armée, impuissante ; aux civils victimes de la plus grande tragédie, de la plus grande injustice qui soit, moi aussi, Liberté, j’écris ton nom. Moi aussi, Egalité, je te respecterai, et moi aussi, Fraternité, je te suivrai. Nous tous, à chacun, à eux, au peuple de la France et de la Terre, aux gens morts sous les bombes, aux guerres qui nous recouvrent, aux peines qui nous angoissent, hommages aux victimes de l’attentat du 13 novembre 2015 !

Aujourd’hui, l’islam, religion de la paix, se voit bafouée par des extrémistes, des menteurs, des combattants pour une guerre qu’Allah n’ordonne pas. Daesh est le fléau de toute l’humanité, et aussi des musulmans, je demanderai donc de ne pas faire d’amalgames, dont certains ont pourtant l’habitude, les mêlant à ces débats politiques sans fins et sans sens ; alors que l’heure est au peuple !
Quand les grands combattaient pour l’Amour, les lâches prônaient la haine.
Aujourd’hui, nous nous battons pour sauver ce qui reste de nous ! Pour aider l’humanité à se relever, de ce cercle vicieux dans lequel nous avons été plongés. La force doit venir du cœur, de l’intérieur, mais ai-je seulement le droit de parler des combats ? Ai-je le droit de parler de révolte ? Dans ce Monde si souillé déjà par les guerres, pouvons-nous pleurer nos valeurs sans ce sentiments de colère ?
Oui nous le pouvons ! Sans colère, sans haine, sans fusils ; nous voilà tous ici, proche les uns des autres, nous voilà, peut-être, à nous tenir les mains. Avez-vous déjà prit la main de votre voisine, ou de votre voisin ? Prenez la, regardez-la, approchez vous, parlez ; c’est la Liberté de l’Homme, et la volonté de chacun. Tenez-vous la main. Serrez cette paume, celle de votre ami, de votre prochain.
Cette main est le symbole de la victoire, l’image de notre Monde ; cette main est synonyme de Fraternité.

La terreur ne doit pas entrer en nous. La peur serait le meilleur moyen de leur offrir la victoire. Non, nous devons rester unis. De là, je veux voir un sourire naître sur vos lèvres, je veux vous voir rire, voila notre arme ; voila notre pouvoir. Ce n’est pas se moquer des événements, au contraire, c’est confronter aux terroristes ce qu’ils détestent : notre joie, notre bonne humeur, et la Justice condamnera les coupables.
Marianne, toi qui, autrefois, nous guidait dans les combats ; toi qui est le symbole du courage et de la vérité, je t’appelle à l’aide, pour faire régner l’Egalité !

Et maintenant, nous voila tous réunis, au nom de la Liberté. Ecrivons son nom, partout. Je ne finirai pas ce discours comme nombre de politiciens, ce n’est pas l’heure encore d’en débattre ; mais je le dis sans crainte : nous vaincrons, par notre propre force, représentée par le sourire et les couleurs.
L’avenir du pays et du Monde sont entre les mains de chacun.
Vive la République, Vive la France ; mais surtout, vive l’Homme !

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