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Dionysos et Margot

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Rappelons que Sémélé, simple mortelle, porte en son sein Dionysos et désire pouvoir contempler Zeus, son amant. Incapable de supporter cette vue, Sémélé trouve la mort. Zeus prélève son fils du ventre de sa mère et l’incorpore dans sa cuisse pour mener à terme la gestation (né de la cuisse de Jupiter [Zeus]).

Dionysos a une jeunesse et une adolescence mouvementée. Il est le dieu du vin, de la végétation arborescente et des sucs vitaux. Mais également de l’ivresse et de l’extase jusqu’à la démesure, voire la folie. Plus tard, Dionysos réussit à arracher Sémélé du royaume des ombres. Dans Mythologie Reloaded, Dionysos a choisi de s’installer en Allemagne. Il veut prendre son rôle à cœur et son souhait le plus profond est de sonder à l’extrême le cœur des hommes. Il décide alors de faire pilier de bar plutôt que psychologue de quartier. Il préfère les conversations au naturel, les conversations des hommes de tous les jours. Alors il traîne, à différentes heures du jour et de la nuit en fonction de ses cibles. Scrupuleux, il prend soin de noter le caractère humain.

Cette méthodologie lui paraît nécessaire pour comprendre les hommes et inspirer leurs âmes. Des quartiers les plus chauds aux quartiers les plus huppés, Dionysos a le même genre de rituel. Par exemple, il bouscule très légèrement un homme accoudé au bar au moment où celui-ci porte un petit verre à facettes à sa bouche rempli d’un liquide ambré. Ne laissant même pas le temps à sa proie d’esquisser un énervement, il lui propose de lui payer un nouveau coup à boire. En général, ce type de public ne refuse pas l’affaire. Alors, la conversation commence et comme tout un chacun notre quidam se lâche et raconte toute son histoire. Avec bonhomie, il ne tarit pas de détails des plus croustillants.

Quant à Dionysos, il raconte toujours la même histoire. Son père a tué sa mère par accident. Cette mère qu’il aimait tant. Il pense qu’il déteste son père, mais il est conscient que c’est sa seule famille. Ils trouvent encore quelques mots pour parler d’une épouse indélicate. Le petit jeu consiste à se montrer encore plus malheureux que l’interrogé. Dionysos pense que l’on se sent toujours mieux avec plus malheureux que soi. Un jour, il reproduit son scénario à l’approche de cette femme accoudée au bar. Il n’eut même pas le temps de s’excuser que celle-ci lui jeta son verre à la figure. Elle tourna les talons et sortit du bar en furie en insultant Dionysos : goujat, malappris, mufle et pour finir maroufle. La salle, stoppée dans ses conversations, éclata de rire à la dernière insulte dont les trois quarts des présents ne connaissaient pas le sens, mais sentaient que l’insulte paraissait inappropriée. Quelques semaines plus tard, il put faire la connaissance de Margot, cette femme aux insultes tonitruantes. Celle-ci ne se souvenait pas de l’incident et paraissait très différente. Plus la relation avançait avec Margot, plus il percevait ses extravagances. Au départ, il s’agissait de passion, de caprices, de manies. Mais avec le temps, sont venues l’absurdité, la bizarrerie, la divagation, et enfin l’extravagance. Dionysos en est parfaitement conscient, Margot n’est pas pour lui, mais une force irrésistible l’attire : fasciné, envoûté...

à suivre sur http://www.pierretomyleboucher.fr

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