Dieu ?

il y a
2 min
2
lectures
0

Assis sur un petit nuage (le plus moelleux du ciel), sa barbe blanche tombant jusqu’à la taille, vêtu d’une toge d’un blanc immaculé, Dieu songe.

Non loin de là, Saint-Pierre, assis sur un autre nuage (le second plus moelleux du ciel), joue à la belote avec Jésus, Mahomet et Bouddha. Il jette un regard soucieux vers Dieu et revient au jeu.
Il abat sa dernière carte :
- Et dix de der.
Souriant, il ramasse le dernier pli, compte les points, complète les colonnes de chiffres déjà portées sur un calepin et annonce fièrement :
- Jésus et Bouddha 934, Mahomet et moi 1011. Victoire.
Nouveau regard vers le calepin avant d’annoncer :
- cent-dix-huit mille six-cent-trente-quatre parties pour nous, cent-dix-sept mille neuf cent-quatre-vingt-dix-neuf pour vous. L’écart se creuse.
Jésus, mauvais perdant, maugrée dans sa barbichette. Bouddha, tout sourire, dit qu’ils gagneront la prochaine fois. Ou pas. Après tout, l’important c’est le plaisir de jouer et d’être ensemble. La barbichette de Jésus ne semble pas d’accord.
Les quatre amis se séparent, chacun allant vaquer à une autre occupation. L’éternité au Paradis peut parfois sembler bien longue si on ne s’occupe pas un minimum.

Saint-Pierre se dirige vers Dieu. Il slalome entre des nuages de toutes tailles occupés par des anges qui soit travaillent un peu soit se reposent beaucoup. Après tout, quand on a l’éternité devant soi, la procrastination n’est plus vraiment un pêché.
Depuis le temps que Saint-Pierre s’occupe du Paradis, il a perfectionné son organisation de sorte que tout roule comme sur des roulettes.
Bien sûr, il se dit souvent que sans la terre et les humains qui la peuplent, le Paradis serait véritablement parfait, mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Saint-Pierre arrive près de Dieu. Celui-ci, toujours perdu dans ses pensées, ne se rend pas compte de sa présence. Saint-Pierre se dit que les humains présument sans doute un peu de l’omniscience, l’omnipotence et l’omniprésence de Dieu.
Il toussote.
Dieu, reste rivé les yeux dans le vide.
Le toussotement devient toux et se fait de plus en plus forte.
Dieu se tourne vers Saint-Pierre :
- AH, C’EST TOI, MON BON PIERROT, QUE PUIS-JE POUR TOI ?
Saint-Pierre ne comprend pas cette manie qu’à Dieu de toujours donner l’impression de parler avec une voix de Baryton au milieu d’une cathédrale même lorsqu’il est assis sur un nuage dans les cieux.
- Rien, mon Dieu. Je voulais juste savoir si, MOI, je pouvais faire quelque chose pour vous ?
- POURQUOI CETTE QUESTION ?
- Depuis ce matin, vous n’avez pas quitté ce nuage et vous semblez interrogatif. Je me demandais si je ne pourrais pas vous aider de quelque manière que ce soit.
Dieu réfléchit un instant.
- TU AS RAISON, MON BON PIERROT. JE ME POSE UNE QUESTION EXISTENTIELLE ET IL EST POSSIBLE QUE TON AVIS M’AIDE A Y VOIR PLUS CLAIR.
Saint-Pierre se rengorge quelque peu. Dieu a besoin de son avis. Cela n’est pas arrivé depuis... depuis le jour où Dieu a envisager la création du Monde. Et il ne lui a plus rien demandé depuis (peut-être parce qu’ils avaient une opinion diamétralement opposée).
- Je vous écoute, mon Dieu.
- EST-CE QUE J’EXISTE ?

0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,