Deuxième chance

il y a
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Iconoclaste, autodidacte, amoureux de l'inédit, de l'imprévu, d'une certaine forme d'originalité sur fond de rébellion et d'impertinence. Je construis mes écrits comme un oxymore pour déroute  [+]

Nelson MANDELA, homme de vertus, dans une de ses célèbres allocutions a dit, je cite : « Je ne perds jamais, tantôt je gagne, tantôt j'apprends ». Cette notion est également typiquement ancrée dans la culture économique américaine ; en effet leur sphère financière considère souvent un premier échec comme un tremplin vers une réussite future.
Plus près de nous, dans nos contrées et dans un tout autre registre, même les pires saletés, même les plus ignobles créatures, les plus abjectes pourritures y ont droit depuis l'abolition de l'irréparable, de l'irréversible, de la rédhibitoire peine de mort.
Une seconde chance donc selon saint BADINTER, oui en effet quoi de plus vertueux que son mémorable témoignage, une deuxième opportunité, pourquoi n'y aurais-je pas droit ? Après tout j'ai encore toute ma tête

Quel fut réellement mon méfait ?

Celui de savoir pertinemment, au fond de moi, que je devais refréner à tout prix cette pulsion immature et incontrôlable. Celui d'avoir conscience que je devais canaliser cette envie pressante de jouissance qui n'a d'égal que cette hystérie toute personnelle. Celui de ne pas avoir su maîtriser mes nerfs mus par ce désir frénétique de plaisir intérieur.
Mon seul crime en fait a été d'avoir voulu y croire trop tôt, de m'être laissé littéralement submerger par une émotivité exacerbée. Mon délit est celui d'avoir vérifié l'adage de CONFUSIUS ; à savoir d'avoir peut être ruiné un grand projet par une petite impatience. Enfin j'ai commis celui d'avoir enfreint les codes et les règles les plus élémentaires que nul n'est censé ignorer.
Alors, oui, j'avoue, j'ai péché,..., j'ai cédé à la tentation, oui j'ai fauté, par empressement sans aucun doute et par un surplus d'excitation. Mais que celui qui n'a pas péché me jette la première pierre. Oui j'ai fait preuve d'une trop grande précocité. J'ai peut-être eu à un moment de mauvaises fréquentations mais plus vraisemblablement été dévoré, par une ambition orgasmique incontrôlée. J'ai été aveuglé par une forme d'avidité qui vous fait perdre self-control et un peu de lucidité pourtant fort utile en pareille circonstance.

Mais madame le juge, elle était là devant moi, si belle sous mes yeux tendrement paternels,..., mais oui bien trop jeune et pas assez mature pour subir pareille épreuve, j'en conviens.

Le masque tombe, froidement comme la lame dans sa glissière. Mais à quoi bon se lamenter sur son triste sort désormais puisque me voilà face à mes bourreaux et devant toute cette bienséance.
Le jury hétéroclite, composé de plusieurs membres s'est réuni. Le vote restera quant à lui impénétrable. La sentence est énoncée après un réquisitoire tenu à huis clos, dans un mail quelque peu édulcoré que je reçois peu de temps après l'envoi de mon outrage d'ouvrage.
Le verdict fébrilement attendu, dans ma box et pour lequel mon avocat avait plaidé la clémence, arguant la folie passagère guillotine tous mes espoirs les plus fous :
- "Ohié Ohié braves gens !"

"La grande bleue en baskets» ne sera pas publiée, en compétition, sur short édition.

Les bras et surtout la tête m'en tombent !
Qu'on me pende, qu'on me trucide, qu'on m'assassine plutôt que de lire ça.
Comme Roméo de SHAKESPEARE, à quoi bon sert-il d'exister si c'est pour vivre dans l'absence d'être publié !
Que je sois brûlé vif sur le bûcher des vanités, lapidé sur la place du Goncourt pour un tel infanticide incestueux!

NON vite !

- Demander un ajournement !
- Répudier un membre du jury !
- Mentir sous serment !
- Corrompre un juré !

NON vite se ressaisir ! Sinon je vais finir complètement marteau !

«  SILENCE dans ma tête ou je fais évacuer... ! »

Non rien de tout ça !

- « Votre honneur ! ISABELLE, ça te dérange si on se tutoie ISA ? Maintenant que je connais tout de toi sur GOOGLE»

Je tiens de suite, à couper très très court à toute spéculation, TTC dans le jargon des initiés, en t'informant que suite à ton premier mail assassin, j'ai congédié mon avocat, révoqué certains témoins, repris personnellement le dossier en main et accessoirement retrouvé toute ma tête.
M'appuyant sur une argumentation que je pense solide et cohérente, j'ai néanmoins revu certaines pièces de l'instruction. Soucieux de l'environnement, ma « grande bleue » a été dépolluée de toute ponctuation intempestive. Certaines missives ont été raccourcies, d'autres se sont vues liftées pour gagner en percussion.
Ne pouvant toutefois tricher avec moi-même, l'esprit de mon plaidoyer initial est conservé.

ISABELLE, naturellement récidiviste dans l'âme, je me pourvois en cassation afin d'obtenir ta grâce présidentielle en m'accordant une deuxième chance pour mon œuvre « La grande bleue en baskets », si ce n'est pour cet été vu le calendrier, pour cet automne ou cet hiver. J'aime à penser que ce n'est qu'une question de saison. Mais en aucun cas, ne demande ni ne quémande une quelconque faveur de la part du procureur, juste laver mon honneur.
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M. Iraje · il y a
Un seul conseil : On ne se présente pas devant un jury d'assises en "Short " ... !
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Anonymous71 A · il y a
Conseil hélas suivi que bien trop tardivement!
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Ginette Flora Amouma · il y a
C'est un plaisir surprenant que de vous découvrir .
Cette compétition m'a conduite à ouvrir les pages d'auteurs inconnus et d'avancer vers de nouvelles plumes .

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