1
min

Derrière le mur

Image de ChristinaiR

ChristinaiR

7 lectures

0

DERRIERE LE MUR
Derrière le mur je savais qu’il y avait quelque chose, quelqu’un, mais quoi? Si je voulais avancer, là, maintenant, ou même dans la vie, il fallait que j’aille voir.
Ou il faudrait que j’aille voir.
Maintenant, demain, dans un mois, il faudrait y passer.
Passer dans les deux sens du terme ; y passer comme être obligé de le faire. Et passer le mur, dans le mur. Ou le contourner. Mais non, ça, j’en avais la certitude, je ne pouvais pas le contourner.
Cela peut sembler étrange mais en réalité il allait me falloir passer le mur.
A travers le mur ?
Des mois déjà que je réfléchissais au comment de ce qui me semblait un véritable exploit. Je me demandais aussi sans cesse comment j’en étais arrivée là : me retrouver sur mon canapé depuis des jours et des jours, sachant que la seule chose que je puisse faire était de franchir le mur.
Bizarrement, lorsque ce nouveau verbe, franchir, m’était venu à l’esprit, cela m’avait remonté le moral. Franchir m’avait semblé plus facile que passer, aussi absurde que cela puisse paraître. Je le trouvais joyeux, généreux, il allait m’aider dans ma drôle de tâche.
Parfois j’échafaudais des stratégies extrêmement complexes qui ne me menaient jamais nulle part mais me laissaient dans un état d’angoisse indescriptible que je mettais un temps fou à faire passer.
D’autres fois je me demandais pourquoi je m’étais assigné cette espèce de mission horrifique. Pourquoi la proposition « franchir le mur » était-elle devenue la seule et unique perspective de ma vie qui par ailleurs prenait l’eau de toute part ?
Le mur en question n’avait rien de spécial. C’était un mur blanc, face au canapé. Autrefois, il y avait des tableaux accrochés ici et là. C’est moi qui les avais choisis et installés, du temps où le mur n’était qu’un mur. Mais j’avais dû les enlever, sans trop savoir pourquoi à l’époque, poussée par une nécessité absolue. j’ai aussi rebouché les trous, poncé, repeint.
C’est seulement après, quand j’ai su pour le passage, que j’ai compris l’évidence : le mur devait être totalement nu, sinon impossible de le franchir.
Il m’arrive de lui parler à mon mur mais il refuse de me répondre.
Je ne sais plus depuis quand je suis là mais je sais une chose, une seule :
Je suis là
Il y a un mur en face de moi
Je dois absolument le franchir
Je ne sais pas comment
Je ne sais pas pourquoi.
Mais ça ne fait rien, au moins je sais que j’ai quelque chose à faire.

Thèmes

Image de Très très courts
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,