Dépareillés

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Alliance du réalisme et de la fiction, de la vérité et du mensonge, de l'éveil et du rêve, de la poésie et de la nouvelle, des mots et de la ponctuation, de la lecture et de l'écriture. Soyez  [+]

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— Allons mon ami, as-tu vu les pieds que tu es supposé protéger ?
— Mes pieds sont en bonne santé, je m’occupe d’eux et ils n’ont pas à se plaindre. Mais peut-être trouves-tu qu’ils ont l’air bête ?
— Mais non, ne recommençons pas cette histoire, elle a déjà été contée !
— Eh bien alors, que veux-tu dire ?
— Je veux dire qu’ils sont mal chaussés, voilà !
— Mal chaussés... mal chaussés... ne les plains surtout pas, pour eux, c’est toujours mieux que de marcher pieds nus !
— Cela dépend. Mais tout de même, tu te laisses aller !
— Et qu’est-ce que cela peut te faire ? Je marchais derrière toi, tu semblais heureuse et détendue et tu admirais le paysage...
— Oui mais nous avons fait demi-tour et depuis que je te suis la vue de ces soi-disant baskets me dérange autant qu’elle m’incommode !
— Bon, nous sommes dépareillés et puis quoi ? Tu sais bien qu’il est distrait, je crois bien qu’il est amoureux de ta maîtresse... il aura inversé les paires, ce n’est pas bien grave ! Un puma et un coq, mais sportif s’il vous plait, ne peuvent-ils donc point s’entendre?
— Cela me parait difficile ! Un puma court plus vite qu’un coq ! Et au passage celle que tu cites n’est pas ma maîtresse car sans moi elle ne peut plus se déplacer, ce serait donc plutôt l’inverse.
— Tes déplacements... parlons-en ! Toi, « Michèle cor au pied » tu as rebroussé chemin au premier passage délicat !
— Tout d’abord celui ou celle que tu cites ne s’appelle pas « Michèle cor » mais « Michael Kors » et de toute façon ce n’est pas moi car bien que parfois nous nous ressemblions quelque peu, je me nomme en fait « Burberry ». Combien de fois faudra-t-il te le dire ? Et si j’ai fait demi-tour c’est uniquement parce que je commençais à m’inquiéter pour toi ! J’ai bien entendu... tu commençais à faire boiter celui que tu dois soutenir...
— Mais tu veux rire ? Espèce de basket de fille des beaux quartiers, tu n’es même pas capable de te déplacer sur quelques cailloux !
— Décidément tu as bien l’agressivité d’un coq... et tu possèdes aussi son manque d’intelligence !
— Vas-y, déblatère tes méchancetés habituelles, en tout cas je préfère m’appeler « Puma-Coq » que... « Strawberry », non « Blueberry »,
— « Burberry » mon ami ! Et je ne veux pas m’user stupidement dans ce genre d’endroit, mais continue tout seul si tu veux !
— Oh non, je m’en voudrais de t’avoir abandonnée ici, ou plutôt je me fais du souci pour tes pieds !
— Et bien si tu veux tout savoir, ils ont chaud mes pieds, voilà ! Alors je m’en vais les mettre à l’abri.
— Bon, ça va, tu as raison, les miens aussi, ils sont tout moites. Regarde cette terrasse ombragée, crois-tu qu’ils vont vouloir tous les quatre s’y arrêter ?
— Rien n’est moins sûr. Comme ils sont bêtes, bornés et le plus souvent pressés, ils risquent de passer sans même la remarquer !
— Alors obligeons-les !
— Là nous sommes d’accord ! Nom de Dieu, pardon je me mets à parler comme eux, je voulais dire, « Nom de pied », qui donc commande ici ?
— C’est nous bien sûr ! Allons-y, et au moins de temps en temps je pourrai te faire du pied... pardon, du basket !
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