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Délire alphabétique

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Jean-Paul Robert

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Il a l’air sérieux notre alphabet calé entre un A bien campé sur ses deux pattes et un Z lové comme un cobra, prêt à piquer la première lettre qui tenterait de s’échapper.
C’est une illusion...
Qui, par exemple a eu l’idée de faire suivre un C bossu par un D ventru ?
Ou de juxtaposer un P et son voisin, l’émetteur dudit... ?
On m’objectera que les trois premières lettres sont simples et flattent la prononciation. Que l’on a pensé à écarter le Q de la quatrième place pour éviter toute crise de fou rire chez nos ados. Je suis d’accord : après ABC, il valait mieux un D...
Mais ailleurs ?
Prenons le i, par exemple. Incapable de tenir debout tout seul, il aurait été bien plus heureux calé entre le L avec son pied en forme de presse-livre et le K solide comme un teuton. Mais non, il a été mis à côté du J, une lettre qui a tout du culbuto.
Et les voyelles ?
Sûrement des immigrées avec tous leurs accents... Perdues au milieu de consonnes, qui n’en ont pas, et les regardent de haut (Vous l'avez sûrement remarqué : elles sont toutes plus petites que les consonnes), elles se protègent parfois sous un circonflexe chapeau chinois.
Pourtant, la seule voyelle qui n’ait pas d’accent, donc une "bien de chez nous" en apparence, se nomme le « i grec » !
De quoi y perdre son latin.
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