De nouvelles envies

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Parisienne. Juriste. Amoureuse de la langue française.  [+]

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« Il est sur mon poignet droit », me dit-elle fièrement. Souriante, elle rayonne. Pourquoi un papillon ? « C’est le symbole de la renaissance ». Et c’est ainsi qu’elle définit le jour d’après. Une renaissance. Elle souhaite à présent profiter de chaque instant.
« Ce tatouage est magnifique », lui dis-je. Pas aussi magnifique qu’elle, pensai-je.

Fauchée en plein vol. Ce sont ses mots. Elle dit qu’elle a été fauchée en plein vol, dans la fleur de l’âge. Elle venait de commencer un nouveau travail, et pensait déjà à avoir son premier enfant avec son compagnon de l’époque. Mais voilà, la vie fait ce qu’elle veut. C’est l’une de ses chansons préférées. « Julie Zenatti a une voix magnifique ».
Elle me raconte son histoire. L’annonce de la maladie, puis le début du combat. Cette chimiothérapie, elle n’en voyait pas le bout. Jusqu’à la délivrance. Elle a surmonté ce cancer. Et elle veut à présent profiter de chaque instant, se disant heureuse d’être en vie, et avoir un tas de nouvelles envies.

Je lui demande de me parler de ces nouvelles envies. Elle me répond qu’elle espère, d’abord, se reconvertir professionnellement. Pour cela, elle a récemment repris ses études. Elle souhaite devenir photographe. « Pour capturer les beaux moments de la vie », me dit-elle en souriant. Elle dit qu’elle sait que cela ne sera pas simple, mais qu’elle a quand même envie d’essayer. Parce qu’aujourd’hui, elle est convaincue qu’il faut toujours essayer, quitte à se planter monumentalement. « Le pire serait de passer le reste de ma vie à me demander si ça aurait pu marcher ». Pendant son traitement, elle avait passé beaucoup de temps à visiter des sites internet de photographes. Elle admirait leur travail. Et elle appréciait aussi bien ceux qui choisissaient d’accompagner les nouveaux mariés lors du grand jour, que ceux qui immortalisaient la beauté des paysages. A partir de là, je lui pose deux questions.

Je lui demande d’abord si elle pense se marier. Elle me dit que non. Ça ne lui dit rien, parce qu'elle est heureuse comme ça, tout simplement. Sa vie de célibataire lui plaît. « Mais bon, vous savez ce qu’on dit : il ne faut jamais dire fontaine... », ajoute-t-elle, nuançant ainsi son propos. Elle précise qu’elle tient à garder l’esprit ouvert, ayant appris à ses dépens qu’on ne savait jamais ce dont demain était fait. « Je n’aurais jamais pensé que cette maladie me tomberait dessus », me confie-t-elle. Elle ajoute que maintenant qu’elle a surmonté cette épreuve, sa pire crainte est de se mettre elle-même des battons dans les roues. Comment ? En n’osant pas, mais aussi en ayant des a priori, en se fermant l’esprit. « L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne ». Ça aussi, désormais, elle y souscrit totalement.

Ma deuxième question a trait aux paysages qu’elle aimerait un jour photographier. « Mon île de beauté. Celle de ma maman ». La Corse, donc. Elle me dit qu’elle y a passé un grand nombre de ses étés, et qu’elle y retourne dès qu’elle le peut. Elle la redécouvre à chaque fois. Elle s’y ressource. Et elle espère y vivre un jour. « Pendant mon traitement, j’y pensais sans cesse. Je m’accrochais, parce que j’avais envie de vivre, mais aussi, de revoir un jour ces lieux qui ont marqué mon enfance, ma vie. Et d’y rester. C’est étrange, cette épreuve m’a fait réaliser que mon besoin d’être là-bas était encore plus fort que ce que je pensais ». Elle conclut en me disant qu’en attendant d’y faire bâtir sa propre maison, elle compte profiter au maximum de celle de son grand-père. Ce qu’elle y fait ? Du jardinage, principalement. Avec sa tante. « C’est fou ce que ça m’apaise. Ce n’est que récemment que je me suis découvert la main verte ! », s’amuse-t-elle.

Elle remercie chaque jour le ciel d’être en vie, et surtout, de ne plus avoir peur de la vie. Catholique pratiquante, sa foi l’a incontestablement aidée à surmonter cette épreuve. « J’ai toujours été à l’Église. Et pendant que j’étais malade, j’y ai écouté du Gospel, pour la première fois. Cette musique est magnifique, et il n’y a pas de mot pour dire à quel point elle fait du bien ».

Pour revenir au point de départ de la conversation, je lui demande si elle envisage de se faire à nouveau tatouer. Et la réponse est oui. « Une rose jaune ». Pourquoi ? « Elle symbolise l’optimisme et la joie de vivre ». Elle me dit qu’à ses yeux, désormais, ces qualités sont les plus essentielles. Parce que, dit-elle, « elles vous permettent de vous lancer, d’oser, pour essayer de vivre vos envies ».
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Yasmine Anonyme · il y a
Jolie cette combativité, je m'abonne. Heureuse de vous découvrir !
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Tnomreg Germont · il y a
Très bel optimisme ! Bravo
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FannyLisaB · il y a
Merci à vous !
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Françoise Desvigne · il y a
Mes compliments Fanny !
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FannyLisaB · il y a
Merci Françoise ! :)
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M. Iraje · il y a
Une manière originale d'aborder le thème, sous forme d'interview.
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Keith Simmonds · il y a
Mon soutien pour cette belle œuvre empreinte d'espoir et d'optimisme, Fanny !
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FannyLisaB · il y a
Merci beaucoup Keith !
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Maria Angelle · il y a
Le joie de mvi0vre indispensable
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Chantal Sourire · il y a
Un texte optimiste !
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FannyLisaB · il y a
Merci à vous !