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De l’autre côté du mur

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Joëlle

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« Maman ! Maman ! Ils sont revenus ! cria le petit Ernest depuis le pas de la porte d’entrée. »

Adélaïde se précipita alors vers son fils et instinctivement elle se mit entre lui et la porte, en cet instant, symbole de tous les dangers.

« Oh mon trésor ! Tu n’as rien ? lui demanda-t-elle inquiète. Vient ! Rentre vite ! Où les as-tu vu ?
 Ils étaient près de l’école, et ils attendaient qu’on sorte maman, j’ai couru quand je les ai vu...Maman...J’ai peur...Tu crois qu’ils vont venir nous chercher ? Dis maman pourquoi ils veulent nous faire du mal ? »

Elle serra sont fils dans ses bras sans lui répondre. Que pouvait-elle lui dire après tout ? Qu’un groupe d’homme voulaient les chasser de leur maison, voir même les tuer ? Qu’ils avaient sûrement déjà tué son père ? Adélaïde se refusait à énoncer cette triste vérité.
Elle se ressaisit, il fallait agir et vite ! Avant qu’ils n’arrivent et qu’ils ne leur coupent tout chemin de retraite. La jeune maman prit son fils dans ses bras, puis elle lui dit : « Écoute-moi attentivement Ernest. Nous n’avons plus le choix il faut fuir. Je vais aller chercher les jumeaux et quelques affaires. J’ai besoin que tu prépares un sac de provision, juste de quoi tenir quelques jours. »

L’enfant, obéissant à sa mère fila dans la cuisine à toute vitesse. Il prit un petit baluchon et y entassa tout le pain et le fromage qu’il put trouver dans les placards. Dans la chambre les jumeaux commençaient à s’agiter, réveillés par tout ce remue-ménage dans la maison. Adélaïde les prit dans ses bras et alla les installer sur le tapis au milieu du salon au cas où ils devraient fuir pris par surprise. Puis dans un petit sac elle mit des herbes médicinales, un laissez-passer et quelques autres papiers important. Sur le bureau trônait une photo de famille. Elle la prit délicatement et laissa revenir les souvenirs de ces jours heureux, où son mari était à la maison, où personne ne venait menacer sa famille. Elle enleva le cadre et mit la photo dans son sac. Pas question de la laisser là !
Elle alla chercher son fils dans la cuisine. Au moment où Ernest lui montra son baluchon des bruits sourds résonnèrent dans la maison. Quelqu’un frappait à la porte. La mère et le fils s’immobilisèrent puis Adélaïde bondit dans le salon en tenant d’une main son fils et de l’autre les provisions. Elle lui confia les deux sacs et prit ses deux plus jeunes enfants dans les bras. Ernest ouvrit la bouche pour parler mais sa mère lui intima le silence en posant un doigt sur sa bouche. Puis elle lui indiqua la porte du jardin. Ils traversèrent la maison le plus silencieusement possible, pour ne pas trahir leur présence. Ernest poussa lentement la porte pour vérifier que la voie était libre. Traverser le jardin était périlleux, ils seraient à découvert pendant un long moment, à la merci des hommes qui les attendaient de l’autre côté de la porte. Adélaïde poussa son fils en avant lorsqu’elle entendit les craquements de la porte d’entrée. Il fallait fuir et vite. Au même moment un homme apparu à l’angle de la maison, ils allaient être prit au piège ! Alors ils s’élancèrent dans l’herbe, courant le plus vite possible pour atteindre la haie bordant le jardin.
L’home vit seulement l’herbe bouger et les quatre petites souris détalèrent à toute vitesse.

« Dans ma maison il y a des pièces,
Dans ma maison il y a des pièces,
Dans cette pièce il y a des meubles,
Dans cette pièce il y a des meubles,
Dans ces meubles il n’y a rien,
Dans ces meubles il n’y a rien,
Mais dans le mur il y a un trou,
Mais dans le mur il y a un trou,
Et dans ce trou il y avait... »

PRIX

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Pascal Depresle · il y a
Un joli texte, mes voix. Pour ma part, sans contrepartie, j'ai commis deux textes, L'invitation http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/linvitation?all-comments=true&update_notif=1509982263#js-collapse-thread-577892 et Reflets http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/reflets-6 si le cœur vous en dit, et beaucoup d'autres choses aussi
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Cookie · il y a
Une très jolie histoire et une suite inattendue avec du suspense. bravo !
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Armand · il y a
J'ai bien aimé, on se crois quelque part genre la Syrie et partageons l'angoisse... et au final, une jolie chute. Mais cruelle pour notre conscience : on est soulagé que ce ne soit pas des humains! Injuste pour les souris! Je vote quand même! Détail amusant : nous avons le même titre : http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/de-lautre-cote-du-mur-2
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Arlo · il y a
Extrêmement surprenant. Vous avez les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir ses deux poèmes *sur un air de guitare* retenu pour le prix hiver poésie et *j'avais l'soleil au fond des yeux* de la matinale en cavale. Bonne chance à vous. http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/sur-un-air-de-guitare-1
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Joëlle Brethes · il y a
Oups... d'un côté les petites souris (de ville devenues souris des champs ! ;-) de l'autre les hommes cruels qui leur font la chasse. Heureusement qu'elles ont pu fuir. Mais gare maintenant aux prédateurs naturels qui, maintenant du même côté spatial que les fuyardes, risquent de n'en faire qu'une bouchée !
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Le Petit Esprit Rêveur · il y a
J'ai beaucoup aimé ! ;)
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Vianney Roche-Bruyn · il y a
Je ne saurais dire si c'est poétique, drôle ou cruel, en tous cas c'est très original!