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Danse ton âme.

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Morgane célébrait la vie de mille façons. Dès l’aube, elle profitait des premiers rayons de soleil en se promenant au milieu des vignes et dévalait les coteaux à toute vitesse jusqu’à la rivière fraîche et vive où elle se baignait avant de rejoindre les berges vertes d’où elle observait le ballet des nuages au gré du vent...
Elle adorait danser seule dès qu’un air de musique l’inspirait et par ses mouvements spontanément harmonieux, elle exprimait son ressenti bien plus subtilement que par n’importe quel discours ou analyse. Le corps imprime des émotions plus profondément que la mémoire cognitive et la musique est l’une des clefs qui ouvre la porte de l’inconscient et laisse s’échapper une énergie complexe composée de joie, d’allégresse, de peur, de tristesse, de tourment, de colère , d’amour, de passion, et même de haine.
Par la pratique régulière des danses en couple, elle avait appris à fusionner ses états d’âme avec ceux de son partenaire. La Valse anglaise lentement rythmée par 3 temps suspendus dans l’air, venait ouvrir le bal avec légèreté et insouciance, un port de tête délicat et des variations amples et aériennes. Ensuite, le Tango, par 4 temps saccadé et viril, exigeait un maintien cadré sans faille et un contact franc permettant au cavalier de guider sa complice depuis son centre de gravité, le siège du pouvoir, donnant au couple la puissance de la passion. Puis, la Valse viennoise menait les danseurs par trois temps affolants, dans une vague interminable de joie et d’énergie grandissante. Le Slow Fox venait calmer le jeu dans un mouvement horizontal souple et ouaté donnant l’impression de deux corps unis, flottant à quelques centimètres du sol. Enfin, le Quick Step enlevé et rapide, menait les deux compères au paroxysme de l’allégresse et du dynamisme par le biais de figures plus audacieuses exigeant une parfaite synchronicité. Morgane maîtrisait bien ces techniques et s’amusait beaucoup à se donner en spectacle lors de soirées spéciales .
C’est lors d’une de ces démonstrations qu’elle découvrit ce qui allait devenir, pour elle, bien plus qu’une technique de danse... Un couple prit place au milieu de la piste. La femme portait une petite robe noire s’arrêtant juste dessous du genou et l’homme était également tout de noir vêtu. Au son du bandoneon et du piano, les deux artistes, les yeux dans les yeux, offrirent au public subjugué, une ode à l’amour. Dans un jeu subtil de prendre et de rendre, ils dessinaient dans l’espace des arabesques volatiles, des attrape-rêves à la gloire d’Eros ; comme un feu passionné danse dans la cheminée. L’évidence : l’homme de sa vie sera un danseur de Tango Argentin !
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