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Dans l'embrasure de la porte

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Dans l’embrasure de la porte on devinait la chute de ses reins et ses fesses callipyges. Putain qu’elle est belle, tu le savais, Tom t’avait prévenu, mais là tu en as le souffle coupé.
Tu restes un moment, l’œil collé à la porte, ton corps serré contre l’embrasure, tu ne veux surtout pas qu’elle te voie, tu veux profiter du spectacle....
Une robe noire en lycra sans doute, à moins que ce ne soit du bambou, tu as lu ça quelque part, qu’on faisait maintenant des robes en bambou, lui moule le corps, et dévoile un décolleté faramineux, les vertèbres saillent très légèrement sous sa peau blanche, tu remarques un grain de beauté délicatement déposé, sur la courbure des reins à gauche. La blancheur de sa peau contraste avec le noir profond de sa robe. Tu sais que tu vas aimer les peaux laiteuses, tu te doutes qu’elles sont fines, souvent très douces et réceptives à la moindre pression de la pulpe des doigts. Tu imagines déjà les frissons la parcourir, la chair de poule la faire tressaillir, comme tu l’as vu plein de fois dans les films.
Ton regard s’attarde encore un peu, et descend lentement, tu en as le souffle coupé ! Un cul pareil, est ce possible de le mouler ainsi ! C’est un appel aux sens, en tous les cas les tiens sont en alerte maximum, à 16 ans putain que c’est dur de se retenir...

Tom t’avait prévenu :
- pas touche sinon !
- sinon quoi ?
- tu t’en rappelleras toute ta vie !

A cet instant précis te fiche pas mal de la menace, mais tout de même elle t’intimide cette nana... Tom t’en avait parlé à maintes reprises, combien elle le faisait bander, combien avec elle s’était différent d’avec toutes les autres, mais toi, qu’en savais tu des autres ? Tu n’avais eu que tes rêves et tes mains pour te satisfaire, et Tom pouvait bien t’impressionner avec ses histoires, toi tu avais envie et peur à la fois.

Elle s’appelle Sarah, elle n’a pas encore tourné la tête vers toi, mais pour le moment tu ne le veux pas, tu veux continuer à la mater en douce, à découvrir pour de vrai ce que c’est qu’une femme désirable (c’est comme ça qu’il dit Tom), il insiste sur le mot désirable, en appuyant sur le T et en faisant trainer la fin, rien que le mot déjà tu avais frémi, tu avais senti ton sexe se durcir. Quel fardeau l’adolescence, que faire de ton corps, de ce qu’il te faisait éprouver, sans compter sur ton imagination qui te portait vers des couches incertaines et des rêves dévorants.
Tu lui en voulais à Tom, il te faisait saliver mais il ne t’expliquait rien, il jubilait à voir ta tête se déconfire et tes mots te manquer.

De là où tu es tu devines aussi ses jambes splendides, ses mollets galbés, ses chevilles fines, ses pieds, dont l’un est sorti de sa chaussure, mais ton regard remonte et commet un va et vient régulier des épaules aux fesses charnues et rebondies ; ta main voudrait se tendre vers le creux des reins, tu pressens que cet endroit est vibrant, tu voudrais pouvoir y déposer un baiser. Non Sarah, ne bouge pas encore. Elle est au téléphone, tu entends des bribes de conversation, elle attend Tom qui tarde à sortir de la salle de bains ; on distingue des bruits d’eau au fond du couloir, elle est déjà prête, tu ne l’avais pas entendue arriver, tu étais trop occupé à tuer le jedai sur ton jeu vidéo, et c’est, poussé par l’envie de prendre un coca au frigo, que tu l’as découverte là, postée dans la cuisine en train de parler au téléphone...

Tu es tellement subjugué que tu n’écoutes pas ce qu’elle raconte, tu t’en fous, pour une fois tu loues le retard de ton frère, tu espères qu’il va tomber dans la douche, voire se fracasser la tête, rester un moment inconscient pour que cet instant t’appartienne encore longtemps.
Elle passe d’un pied sur l’autre et tu découvres ses hanches qui roulent et déroulent ainsi tu comprends vaguement ce que veut dire avoir une démarche chaloupée... tu l’imagines marcher dans la rue, dodelinant ses fesses l’une après l’autre au rythme de ses talons, tu la suis longtemps, tu ne veux toujours pas qu’elle se retourne car tu sais que tu deviendrais cramoisi avec ton acné sur la gueule et ces trois poils malheureux au dessus de ta lèvre. Non il faudrait qu’elle suive le trottoir le plus loin possible, tu te ferais une démarche de chat avec tes Nike toutes neuves.

Elle s’appuie sur le dossier d’une chaise, elle a tourné légèrement son corps vers la porte, mais elle ne te voit toujours pas. Tu recules un peu, tu prêtes un peu plus attention à la conversation, des bribes de phrases te parviennent

- mais non, c’est rien, ça compte pas lui...
-...
- si si je t’assure, c’est juste comme ça

Tu es intrigué, tu découvres son profil et ses seins tout aussi rebondis que son cul, la voix se fait plus faible

- il est raide dingue de moi mais moi je....

Tu tends l’oreille plus encore, tu hésites entre regarder ou entendre, un malaise pointe au creux de ta poitrine, tu n’es plus très sûr de vouloir rester là ! Putain qu’elle est belle, elle te ferait presque peur tellement elle est belle, tu n’es plus tout à fait sûr de la désirer, tu mesures le danger que représente une fille trop belle !

- mais oui, ne t’inquiètes pas, demain oui, 19 h ? Ok....

Déjà tu as filé dans le couloir, tu ne veux pas savoir, tu ne diras rien à Tom, tout à coup ton cœur s’accélère, tu as chaud, tu as hâte de retrouver ton écran, tu vas encore attendre un peu, les filles euh... c’est brûlant non ?
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