Dans le silence de l'oubli

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L'écriture et le théâtre me passionnent. Michaux, Baudelaire, Proust, Maupassant, Zola aussi. C'est à peu près tout ce qu'il faut savoir sur moi :)  [+]

« Les mots servent à libérer une matière silencieuse qui est bien plus vaste que tous les mots. » Nathalie Sarraute

Il était parti dans la nuit, leur laissant simplement un mauvais goût de la vie, une douleur abyssale qui renaissait ça et là, au détour d’un souvenir, une pensée égarée.
Au début, c’était une souffrance permanente qui les renvoyait à leur triste condition, qui les poussait inlassablement à revivre et ressasser le passé dans l’espoir vain que ça change quelque chose. Au début, on leur disait que ça irait mieux avec le temps, parce que le temps guérit toutes les plaies et qu’il nous fait oublier les corps, les visages et les éclats de rire. Ils n’y croyaient pas une seconde. Le monde s’était effondré et avait perdu tout ce qu’il avait d’humain et de rassurant. Ils étouffaient de toutes ces sympathies, cette pitié qui se voulait discrète mais qui révélait malgré tout toute l’impuissance de ne pas trouver les mots, les mots justes, les mots réconfortants, les mots dans lesquels ils avaient besoin de se réfugier mais auxquels on substituait des sourires gênés et de longs silences vides de sens. Ils cherchaient à se reconstruire sur un tas de ruines et de décombres.

Parfois, ils butaient sur l’ombre du passé, tapissée au creux de l’oubli. Leur pouls s’accélérait, tout s’estompait autour d’eux. N’existait plus que cet éclair, détruisant tous les efforts qu’ils avaient bâti autour de la vie qui continue malgré la perte, autour de l’espoir qu’on pouvait continuer à respirer dans l’absence. L’avenir renaissait de manière brutale, parce qu’ils reprenaient soudainement conscience de cette réalité qu’ils n’avaient cesser de nier. Ils se voilaient constamment la face parce que c’était trop douloureux, trop insupportable de vivre dans un monde où cette seconde, cette unique seconde bombardait tout sur son passage. On leur avait répété ‘la vie continue’ ; pensant bien faire, ils avaient essayé d’oublier la mort.
Divertissement funeste qui prenait fin à la seconde où cet éclat les foudroyait et leur enlevait le souffle l’espace d’un instant.

Avant que la vie ne reprenne son court. Comme si de rien n’était.
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