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Dans la chaleur de la nuit

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Elga Vinco

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« Dans la chaleur de la nuit... une sueur froide sur mon front... »
La voix de Ray Charles, douce comme une caresse aux pays du blues
Un Noir retourné aux racines pour embrasser sa mère
En attente sur un quai de gare, tout bien comme il faut, la classe !
Dans la chaleur de la nuit, un policier genre clown grimaçant
Et un cadavre au milieu de la chaussée, la poisse !
Le coupable, au fin fond du Mississipi, c’est lui le Nègre de Philadelphie
Vite accusé vite disculpé, car expert en homicide on le charge de l’enquête
On en fait surtout un bouc émissaire et on parie sur sa mort
Facile dans les champs de coton de lyncher un Nègre pour un oui
Ou pour un non, pratique pour ne pas faire avancer l’affaire
Ou l’expédier, la victime est un ponte et le shérif est aux ordres
Mais le Nègre rêve de prouver que le crime est politique
Et le shérif à première vue facho n’est pas celui qu’on croit
Sidney Poitier et Rod Steiger, Tibbs et Gillespie, voilà le duo
Les deux hommes que tout oppose, l’officier de police un brin guindé
Et le shérif madré comme un péquenaud, voilà pour les apparences
D’un côté un racisme ordinaire, de l’autre la détermination d’un homme
Insupportable si cet homme est noir, insupportable pour les Blancs...
Qu’il les dépasse, rende les gifles et réponde ton sur ton
Le shérif n’en revient pas, en plus d’un crack il a affaire à un monsieur
Mais Klu Klux Klan et ségrégation au pays du blues et des champs de coton
« Foul owl on the prowl... » un hululement pour une scène hallucinante
Les pancakes au four et le couteau pour enclencher le juke box...
Ça marche, le détraqué se déhanche, tous sommes embarqués, tous médusés...
Personne n’a vu, personne n’a compris que dans la chaleur de la nuit la crapule est tapie
« Foul owl on the prowl... » quelle est donc cette petite chouette qui rode ?
La gamine à la fenêtre, une bouteille de coca entre les seins ?
Ou bien l’agent Wood qui mate ? La gamine ment
Echappe, rejoint son amant et paye l’avortement
Mais Tibbs a du flair, suit la piste et remue le fumier
Toujours impeccable et jamais pris en défaut
Si de froideur, le shérif a beau le lui avoir reproché
Il l’a sauvé d’hommes sur les nerfs, de matraques et de barres de fer
Quant à lui confier sa solitude et ses insomnies, pourquoi ?
Aucun goût pour la tragédie, aucune pitié demandée
Mais la capacité à revenir sur ses jugements
Dépasser ses complexes pour aller à l’autre
Et de l’avant, c’est drôlement intelligent
Dans la vie et à l’écran, drôlement émérite
Ce pourquoi Steiger remporta l’oscar du meilleur acteur.

PRIX

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