2
min

Crime de passion

Image de ICN

ICN

9 lectures

0

—Bon, qu’est-ce qu’on fait Hugues ?
—Une promenade en voiture. Excellent... Que c’est bien de sortir de la ville... on va où au juste ?... Soit. C’est toi qui conduis...
—Tu aimes bien cette chanson ? Tu la fredonnes depuis notre départ. Les paroles encore ?... ah oui
« C’est vrai ce qu’on dit, on m’abandonne
C’est vrai ce qu’on dit...»
—Ah voilà, On arrive.... Ici ? En pleine forêt ?... Ah oui, je vois. Il y a un étang.
—Bon, ce n’est pas le paysage, mais alors quoi ? Une petite sortie de natation... au naturel ?
—Discuter de quoi d’abord?
—Cocu ? Voyons Hugues. Jamais de la vie, elle est... Mais non, mon pote, surtout ne pas te laisser descendre à penser cela. Ta femme et moi nous travaillons fréquemment ensemble et il me semble que j’aurai soupçonné une telle... même un petit changement dans son comportement, ses attitudes... le plus simple des gestes et je t’assure j’aurais été à l’affût...
—Quoi ? Notre relation personnelle !... Tu veux dire entre nous ?... entre NOUS, elle et moi... euh le lien entre nous ne dépasse d’aucune façon les convenances, voyons !
—Je l’aime bien, comme on dit, mais mon amitié n’est certainement pas plus forte que ça. Voyons, toi et moi nous sommes les meilleurs amis depuis...
—Me dévêtir ? Bon, bon... va ! Va pour la nage au naturel dans l’étang. Une petite épreuve de natation comme dans le temps... ben oui, comme des adolescents... quand nous étions... aïe ! Ne t’énerve pas, Hugues. Voici, j’ôte ma chemise.
—Tu ne fais pas pareil ? Tu plaisantes, n’est-ce pas ? Des adolescents, nous deux, comme autrefois...
—Bon, bon, d’accord. Je continue. Hé, Hugues, c’est quoi que tu tiens à la main ? D’où tu l’as trouvé ?... Mon dieu, Hugues, ça a l’air comme tout planifié !... Mais je te dis, je t’assure, ta femme et moi...
—Bon, je le fais. Tout de suite. Regarde ! Voilà, mon pantalon ! Je le laisse par terre. Là.
—Mon slip ? Mais...
—Voyons, Hugues... Doucement, doucement... Bon, satisfait ! C’est maintenant mathématique, ça ne la tenterait pas... Tu vois ? D’ailleurs tu devais déjà bien le savoir.
—Mais à quoi penses-tu ? Tu ne vas pas...
—Tu te fous de ma gueule ? Évidemment tu ne t’intéresses plus à la natation. Hugues ! Nous sommes les meilleurs amis. Rappelle-toi toutes les choses qu’on a faites ensemble. Bon copains, meilleurs...
—Tu ne vas tout de même pas me forcer à...
—Je t’ai déjà tout raconté. D’ailleurs, il n’y a vraiment rien à me rapprocher. Rien ne s’est passé entre...
—Peut-être de sa perspective, soit ! Mais je n’y suis pour rien, Hugues, crois-moi bien. Si elle s’éprend de moi, je l’ignorais complètement. Jusqu’à cet instant. Complètement. Puis, pour moi, bof ! Ça m’était...
—Non, je ne voulais rien insinuer. Elle est, en effet, très belle... appétissante même... je te l’ai toujours dit. Si elle, de sa part... Je veux dire que peut-être mes attentions, mes gestes de tous les jours quand je la rencontrais... au bureau, quand je la trouvais au bureau, dis-je... enfin oui, mes gestes étaient un peu équivoques... mais mes intentions... en tout bien tout honneur...
—Effectivement : vachement mal interprétés, je dirais... on ignore à la longue l’effet qu’on a sur... je veux dire avec notre jugement d’aujourd’hui, les choses se passerait bien différemment... quand même à l’époque, on n’y prêtait pas attention.
—Attention là ! Attention au flingue. C’est dangereux ces armes-là.
—Je n’ai pas baisé ta femme, Hugues !
—Je suis déjà à poil... que veux-tu que je...
—À genoux ?... Hugues ! Il y a des vengeances, mais vraiment ! Entre amis, Hugues ? Non, vraiment... ça dépasse... à l’époque, on déconnait tout simplement... on avait, quoi ? Treize, quatorze ans... on se racontait des blagues, on déconnait comme tous les gars à cet âge-là. C’était pas sérieux.
—Je te jure : malgré toutes les apparences. Que veux-tu, c’était une simple amitié... entre collègues.
—Où vas-tu ? Qu’est-ce que tu...
—Tu ramasses... Tu ne vas pas me laisser ici tout nu... mais il n’y a pas un chat... sans linge, je...
—Bon, okay. Plus de flingue, Hugues, d’accord ? Plus de...
—Et oui, je la chante. Pour toi, Hughes, je la chante:
« C’est vrai ce qu’on dit, on m’abandonne
C’est vrai ce qu’on dit, je suis une conne. »

0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,