1
min

Cours Chérie.

Image de Same Seem Some

Same Seem Some

1 lecture

0

On me suivait j'en étais sûre. J'courais dans les bois. J'courais j'voulais plus rien savoir. Les paysages défilaient à une allure hallucinante. Les arbres paraissaient repasser en boucle et en boucle. Ma respiration sacadée me tournait la tête. Mes jambes bougeaient par obligation, et mon crâne me faisait un mal de chien tandis que l'air froid d'l'hiver me transperçait les poumons et que la forte pluie tombait sur mes membres en ébullition. Mes Attaquants faisaient monter mon adrénaline, mon coeur battait et suait sûrement à l'intérieur de ma poitrine. J'entendais des bruits au loin, j'entendais des cris et des grognements, des branches et des feuilles sur lesquelles on marche. J'étais essoufflée j'voulais mourir, on me disait: "Ne t'arrêtes pas, surtout pas. Jamais. Continues et cours à en mourir, marche ou crèves. J'te promets, si tu m'écoutes on survivra." Jamais de ma vie ne n'avais été si rapide. Jamais je ne m'étais évadée de ce genre d'enceinte. Jamais je n'avais couru à en crever. Maintenant si. Je m'arrêtai une minute, pour me reprendre. J'avais peur, la frustration me paralysait. Mais je n'eus pas le temps de courir de nouveau, qu'une balle me traversa le torse, proche de mon coeur, qui lui sursauta. La balle transperça ce qu'elle pouvait. Laissant le sang sortir de ma poitrine en un flux continu. Laissant le froid de Novembre glacer mes entrailles qui prenaient l'air en forêt pour la première et dernière fois. Des larmes coulèrent. On m'avait eu. La voix qui résonnait dans ma tête avait eu tord, pour la première fois, et ça m'avait coûté la vie. Mes jambes flanchèrent et ma tête vint cogner la terre humide en un bruit fracassant. Je mourrais lentement et j'avais froid. Puis un des hommes qui me pourchassaient s'accroupit et me sussurra à l'oreille: "Si tu fuis, gamine, on te retrouve toujours, et on te ramènes là bas, en vie ou pas." Il se releva, et son pieds se décolla du sol, dans mon dos. J'inspirai pour la dernière fois. Son pieds se plaçant au dessus de ma tête, je versai une dernière larme, une goutte d'eau de plus venant percuter le sol. Et enfin, l'homme m'écrasa la tête, si fort que je n'eus pas mal. Si fort que le noir vint plus vite que prévu et que son humanité se perdit dans les abîmes avec moi.
0

Vous aimerez aussi !

Du même thème

TRÈS TRÈS COURTS

De l’indifférence à l’oubli, il n’y a qu’un pas. Et cette courte distance, je crois bien être en train de la franchir ; le temps est compté. Mon nom est Julien Barneville. Âgé de ...

Du même thème

TRÈS TRÈS COURTS

Note de l'éditeur : certaines descriptions peuvent choquer les lecteurs.La nuit noire était tombée sur la ville et les milliers de crapauds au loin se répondaient, indifférents aux coups de...