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Contrôle

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Naïs Merry

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« On va se faire arrêter. »

Assura-telle. Encore une fois.

« Arrête ta parano. »

Je lui répète. Encore une fois.

« Je t'assure qu'on va se faire prendre. »

Elle pourrait faire passer ça pour de la peur mais le sourire en coin qui orne ses lèvres me garantit qu'elle veut juste me faire chier. Cette garce.

« Tu veux bien arrêter deux minutes? » La questionnais-je après avoir souffler un grand coup, signe de mon exaspération.

« Mmh.. Non. » Réplique-t-elle en laissant échapper un petit rire.

Malgré sa réponse provocante je ne peux m'empêcher de lâcher un minuscule rire moi aussi.

« T'as la tête d'un dealer. J'y peux rien moi. » Affirme-t-elle en haussant les épaules, feignant l'innocence.

« -On n'en parle de ta gueule de pédophile? Lançais-je en tournant la tête vers elle quelques secondes, recentrant mon regard sur la route ensuite.
-Moi et ma gueule de pédophile on t'emmerde. » Elle croise les bras, faisant passer son ''boudage'', pour de la rancœur.

Dommage pour elle que je la connaisse par cœur.

La voiture s'enfonce soudain dans un silence alors que nous approchons lentement du barrage fait par la douane. Ils cherchent apparemment quelqu'un et arrêtent toutes les voitures voulant quitter la ville. Ça m'apprendra à attendre qu'elle se prépare pendant des heures. Si seulement on serait partis quelques minutes plus tôt.. Bon. Tant pis. On arrivera en retard à la fête de Clayton, et après?
J'ai même pas envie d'y aller. Mais comme cette fille est quasiment insupportable -et aussi absolument adorable- quand elle veut quelque chose, je me retrouve à y aller avec elle.
Je tapote lentement mes doigts contre le volant, profitant de la quiétude du moment avant d'avancer lorsque la voiture devant moi le fait. Une chanson que je ne connais pas passe doucement à la radio et je hoche légèrement la tête en rythme avec le son. On est bien. Là, tous les deux.
Enfin peut être seulement moi car au bout de moins d'un quart d'heure, elle craque.
Elle rouvre la bouche, enlevant ses pieds de mon tableau de bord -déjà bien abîmé de ses traces de chaussures-, se redressant dans son siège.
Merde.

« J'm'en fous toute façon ils vont bien voir les flics que t'as une tête chelou. » Grommelle-t-elle, la tête tournée vers la vitre.

Je ris d'un rire moqueur et je sais au regard noir qu'elle me lance que je l'ai vexé. Alors je ris un petit peu plus fort.

« On ne se fera pas arrêter. » Affirmais-je pour la, je crois, cinquantième fois.

Je lui lance un regard amusé en avançant encore et, voilà, elle est carrément furieuse.
C'est carrément marrant dis donc.

« Ah ouai? T'en es sûr? » Questionne-t-elle.

Et c'est tout de suite beaucoup moins drôle quand je vois la lueur de défi dans ses yeux.

« Absolument. » Confirmais-je tout de même, refusant de la laisser gagner.

Je la vois lever les sourcils, comme si je venais de remettre sa plus grande parole en doute puis je tourne la tête vers la route lorsque l'on arrive au niveau du barrage. Enfin.

« Je peux t'assurer qu'on va se faire arrêter. »

Je souffle, qu'est ce qu'elle peut être têtue putain!

« Non. » J'arrête la voiture devant les agents en serrant les dents.

Un sourire malicieux au coin des lèvres, elle réplique. « Si. »

« -Non. Je lève les yeux au ciel.
-Si.
-Non!
-Si!
-Mais non!
-SI!
-NON! »

Je pose ma main sur l'interrupteur permettant de baisser la vitre mais, à peine ai-je descendu la fenêtre de quelques millimètres que la connasse à mes côtés se met à hurler.

« -AU SECOURS! Clame-t-elle, tapant de ses poings contre sa vitre.
-Qu'est ce que tu fous?! Demandais-je, perdant toute trace d'humour lorsque je vois un agent relever la tête à ses hurlements, les sourcils froncés.
-AIDEZ MOI! A L'AIDE!
-Mais arrêtes! Implorais-je alors que l'homme en uniforme se dirige dans notre direction.
-IL ME RETIENT CONTRE MON GRE! S'IL VOUS PLAIT! » Hurle -t-elle à présent.

Pris de panique, je m'empare de son visage, voulant mettre une main contre sa bouche.
Pas du tout suspect comme comportement.
Non.
Loin de là.
Elle continue à crier, l'homme presse le pas dans notre direction et avant qu'elle n'ai pu sortir une connerie de plus, mes lèvres sont sur les siennes, ma langue dans sa bouche et putain, j'aurais du le faire avant. Je le réalise encore plus lorsqu'elle me répond, passant ses bras autour de mon cou et appuyant son front contre le mien.

Parce que non seulement, elle ferme enfin sa gueule, mais qu'en plus, c'est bon bordel.

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