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Conte féérique des amours glauques et banales

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Albatros

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Il était une fois, dans un pays pas très lointain, une fée qui vivait sur un plateau verdoyant, peuplé de créatures fantastiques et de moutons ordinaires. Elle s'y promenanait chaque jour, et se répétait souvent : ah mes doux agneaux, si j'étais bergère vous garderais, mais je suis fée, et j'me fais chier !
Elle s'en fut voir son ami le lutin. Celui ci la connaissait bien et avait pour génie de devancer ses besoins et consoler ses chagrins. Il lui offrit une tasse de thé tout en sachant qu'elle avait surtout besoin d'un de ses remontants qu'il cachait précieusement, car comme le sait chacun, le lutin est radin. Il lui dit sans détour : "Lassion ma douce enfant, sache que je te comprends. Tu es grande à présent et aspires à plus grand que ce bois et ses glands. Tu rencontreras un elfe, au coeur aussi pur qu'un déchet d'hydrocarbure. Un elfe d'aquitaine, méfie toi de qui t'aimes !". Elle écouta l'oracle, du nabot qui se la racle et reprit son chemin, la mort dans l'âme encore de n'avoir su du petit radin, se faire payer une gnole.
Elle visita le troll, beaucoup plus rok'n'roll, lequel pour la fée était bien moins soucieux. Il savait être bon avec la jeune et chaste, mais restait très envieux de lui bouffer la rate.
Esperant sa sagesse, légendaire en alpage, craignant son caractère comme celui d'un fromage, rassemblant son courage elle dit sans être fière : "Qu'en est-il de l'amour, du bonheur et ses gages ?" - De la vie que je suis je ne puise qu'ennui, mon avis tu quérris alors écoute ceci : En vrai j'y pige que t'chi !
Ignares qu'ils étaient ils partirent tous deux rencontrer la sorcière vivant euh, ben comme une sorcière hein au fond des bois tout ça tout ça..
Elle avait mauvais fond était très peu aimable, à sa réputation se montra fort semblable.
" Qui ose donc ainsi déranger mon ascèse ? Qui sont ces deux trouffions que veut dire ce manège ? Je suis toute occupée dedans mes sortilèges !"
Puis dit en aparté : ouais bon t'façon ça se voit que j'ai rien d'autre à foutre, ..ils veulent quoi ?
- Madame je devine à votre beauté plastique, que de l'amour savez les épines et la trique. Auriez vous la bonté et la pédagogie de nous les enseigner madame je vous supplie !"
La sorcière leur montra un cliché desséché, où elle apparaissait jeune et de toute beauté.
" Il fut un temps naguère où cette reluisance faisait de moi la proie de toutes les audaces. Belle à tomber par terre, oubliant bienséance j'ai consommé sans loi, comme une pauvre conasse... De galant en galant, des galeux énervants, j'ai connu tous les vices, me voilà à présent rongée de syphilis."
-Mais de l'amour alors ? Que faut-il savoir ? demanda la petite.
Les épaules tombantes devant l'ingénuité, la sorcière prit congé, en priant poliment ses hôtes de foutre le camps.
Troll dit à la fée : " Je suis content qu'on s'en aille, j'aimais pas comme elle me regardait, j'ai pas compris ce qu'elle a dit mais sérieux la vieille elle m'a fait flipper." Lassion d'abord le réprima, lui rappelant d'emblée que dans cette narration il fallait versifier. Et puis elle déclara : t'inquiète pas mon nabot, maintenant je suis là, et si on ne saisit mot ensemble on s'déniaisera." Elle même interloquée par ce qu'elle venait de dire, elle perdait tout espoir en même temps que désirs.
C'est juste à ce moment, qu'a l'orée des chemins, jaillisssant de nulle part et tous les phares éteints, de ses quatre vingt ch'vaux tenus entre ses mains dans un fracas divin un elf tira son frein. Ebahi par la grâce de la belle ingénue en ce lieu où l'usage généralement voulut qu'on aborde son prochain par un simple : " c'est combien ? "
Le belâtre se retint et déclama son rang : " Je suis Elfe d'aquitaine, marquis de Sade dauphin et n'ai pour seul dessein que vous soyez ma reine." Emue par l'élégance la jeune fée sentait bien que de l'amour enfin allait avoir la chance ! - Je suis la fée Lassion, ici pour vous servir...
A ces mots le malin dégraffe sa ceinture et sort de son engin, invite à l'aventure la fée qui déjà piaffe et qui lui tend la main.
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Utilisateur désactivé · il y a
Le tohubohu du texte est plaisant et drôle, la fin est plutôt salée de chez salée. Bon moment.
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