Confessions loufoques de ma bibliothécaire

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Dans une des plus belles villes de France, une bibliothécaire est en train de chercher quelqu’un, en zigzaguant entre les étagères de livres installées en rangées dans la salle. Cette personne est une habituée de la bibliothèque : il vient le mardi et le vendredi après midi.
Je vais dans la rangée de livres où se trouve, peut-être, le futur écrivain de notre siècle. Je me plante devant lui, est me lance dans mon discours :
- Bonjour ! Je voudrais vous dire que je vous aime ! C’est officiel !
- Quoi ? dit-il, étonné.
- Ben, oui. Mettez vous à ma place : après avoir rompu avec mon ex-vampire, j’ai eu du mal à être aussi volage qu’avant. Mais bon, c’est comme tout, on s’y fait... vous êtes le premier depuis,... c'est-à-dire depuis 2 semaines.
Je lui fais mon plus beau sourire et j’attends sa réponse qui ne vient pas. Il reste éberlué, bouche bée.
- Alors, vous voulez m’épouser ? demandé-je, impatiente.
- Vous n’êtes pas folle ? s’étrangle-t-il.
- Non, bien sûr que non. Mon frère, lui, est fou.
- Hein ? dit-il, ne comprenant pas.
- Et oui, le pauvre, au début, il s’occupait des fous mais maintenant, ce sont les fous qui s’occupent de lui.
...
- Mais, bon. Du moment qu’il est heureux, moi, je suis ouverte à toute proposition !
Il tourne les talons. Je l’arrête pour lui expliquer.
- Ne partez pas. Je vous explique : vous lisez les mêmes livres que moi, vous aimez écrire ; moi aussi ! si ça, ce n’est pas une sacrée coïncidence !
- Comment vous pouvez en être sûre pour les livres, d’abord ? et puis, c’est pas interdit d’écrire dans ce pays, que je sache !
- Oh que non. C’est même recommandé à vrai dire. Sur votre carte, il y a la liste de tous les livres empruntés. Et entre parenthèses, j’adore Jane Eyre, comme vous. Moi aussi, je l’ai lue 12 fois d’affilée. Et si vous me posez la question pour vos écrits, c’est tout simplement que je vous ai vu plusieurs fois écrire dans cette bibliothèque.
Il reste muet.
- D’où vous venez ? me demande-t-il.
- J’habite en résidence maintenant, mais je viens de Sainte-Anne. Et vous ?
...
- A l’aide ! hurle-t-il. Au secours ! Une folle veut m’attaquer !
- Où ça, une folle ? demandé-je, en cherchant autour de moi.
Quand je me retourne vers mon interlocuteur, il a disparu, tout comme ses cris.
- Décidément, je n’ai pas de chance avec les mecs, soupiré-je.
Je retourne à mon bureau, un peu déçue de cette discussion et me remets à mon travail. Quand je relève la tête, un homme se tient devant moi, un chapeau sur la tête, des lunettes qui mangent la moitié de son visage, un long manteau au col relevé ne permettant pas d’en voir l’autre extrémité. Je le reconnais tout de suite.
- James ? hoqueté-je. Que fais-tu là ?
- Je viens te demander pardon, Fleur. Je n’aurais pas dû rompre avec toi. Tu es la meilleure des choses qui me soient arrivées depuis 500 ans. S’il te plaît, pardonne-moi. Je ferai tout pour toi. Je t’en prie, reviens, reviens moi,...
Je me lève et fais le tour du bureau. Je ne vais quand-même pas me laisser faire pour un vampire qui ne sait même pas ce qu’il veut !
- C’est toi, je te rappelle, qui a voulu qu’on rompe.
- Oui, je sais. Et maintenant, je suis en train de payer mon erreur.
- Eh bien, tant mieux. ça te servira de leçon. Et puis, je ne te crois pas quand tu dis que tu ferais tout pour moi... Tu n’es même pas capable de me demander à genoux ma main pour essayer de te faire pardonner.
- J’allais te le proposer. Tu acceptes, Fleur ? Acceptes-tu de m’épouser ?
Il sort d’une de ses poches une petite boîte, l’ouvre pour me permettre de voir la bague en diamants qu’elle contenait. James se met à genoux et attend ma réponse.
- OUI !!! dis-je.
- Alors, on est ensemble ? demande-t-il.
- Définitivement : OUI !

James m’amène à l’arrière de la bibliothèque. Il me fait monter dans son magnifique carrosse de cristal noir. De longues ronces de roses noires le relient à quatre chevaux aux ailes d’un noir soyeux et luisant comme celles des chauve-souris. Nous nous envolons dans le ciel sous une parfaite éclipse.
Tout cela est parfait pour une journée de fiançailles, non ?
FIN
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