Compter les étoiles dans un sablier

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Mes salutations vulpines ! :) Compiégnois de 25 ans, je gratte le papier pour faire voyager à moindre frais. J'aime la nature, les films des studios Ghibli, et prendre le temps de faire ce qui me  [+]

Image de Été 2019

Des poussières de temps dans la nuit noire. Comme des rêves envolés, qui collent au visage, qui s’accrochent dans ma barbe poivre et sel. J’aime bien le vent du désert, il me rappelle que je suis libre de fuir l’inévitable.

Le temps en poussières. Celui qui s’évade des dunes alentour, celui des vitres brisées retournant à leur néant, en grains de folie. Se sculptent des figures mouvantes, au trente-cinquième étage de l’écorche-ciel. En creusant, je trouverai peut-être des diamants de sang, ou des billets sales pour y écrire des mots pas beaux.

Mais je n’ai pas le temps, le matin viendra trop vite.

J’emprunte des escaliers squelettiques, je slalome parmi les appartements ouverts aux vents hurlants. L’obscurité dehors, elle est d’un noir parfait, ma lampe-torche n’entaille pas cette étoffe-là. Les rafales font claquer mes mille foulards, keffiehs, carrés d’Hermès, mouchoirs à pleurer. Il fait si froid la nuit, à Dubaï. Mais ça apaise mes coups de soleil, mon blues qui s’ensable de larmes, salées comme les loyers de cette tour, avant.

Je débouche enfin sur le dehors, les derniers mètres se font en équilibre sur le dos de cette grande baleine échouée. Vertige. Pas celui de l’amour, ça fait longtemps que je ne connais plus celui-là. Mes raquettes s’enfoncent lourdement dans la carcasse sans odeur. Le sable crisse, moi je chique, les bourrasques font s’évaporer l’amer. Quelques pas... et me voilà sur l’ultime plateforme, frontière oxydable entre la ville abandonnée et les cieux esseulés.

Presque mille mètres de haut, autrefois, la Burj Khalifa. Vautrée sur le sol, désormais, elle n’en fait même pas le dixième.

J’ai oublié le pourquoi de sa construction. Peut-être s’éloigner un peu des feux de la civilisation. Revoir les étoiles.

Ils sont tous dans le ciel mes amis. Je suis le dernier homme sur Terre. Ça me va bien. Les étoiles constellent mon sourire incertain.

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Aurélien Azam  Commentaire de l'auteur · il y a
Texte écrit sans trop me poser de questions, avec en tête "A horse with no name" d'America.
Merci au jury de Short Edition de l'avoir sélectionné comme lauréat :D
Bonne lecture, et à bientôt en d'autres mots !

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Saffar · il y a
Encore un texte qui fait mouche! Et je vois que vous en avez plein la casquette, vous ne manquez pas d’idées ni de talent pour les mettre en oeuvre, un grand plaisir à chaque fois!! Mes votes!
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Aurélien Azam · il y a
Merci Saffar, ça fait plaisir à lire :)
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Diamantina Richard · il y a
Tout pareil 👌
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Eddy Riffard · il y a
Crépusculaire.
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Aurélien Azam · il y a
Merci pour ta lecture, Eddy :)
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michel jarrié · il y a
De quoi rêver..Quoi de mieux Aurélien. Belle finale.
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michel jarrié · il y a
Bravo Aurélien !
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Gina Bernier · il y a
J'imaginais Dubaï autrement! Et les innombrables souvenirs rattachés à cette grande tour échouée au sol, alors qu'elle touchait les étoiles avec ses1000 mètres de hauteur.Il y aurait une double interprétation de votre histoire....Et j'arrive en retard pour voter.
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Aurélien Azam · il y a
La beauté effroyable d'un clair-obscur... Merci Gina !
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Lange Rostre · il y a
Seul sur terre, tout un programme. Beau texte.
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Aurélien Azam · il y a
Merci Lange :)
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Daniel Fauquenot · il y a
Apocalyptique et lunaire, le Petit Prince dans le monde de Mad Max, c'est beau et effrayant à la fois...
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Manon Corouge · il y a
J'ai dévoré ce texte : les mots s'enlacent et dansent dans la bouche, crient de les lire à voix haute pour mieux savourer leur harmonie. Je n'ai pas encore lu tes autres textes, mais j'aime cet aspect écorché vif des mots. On saisit un fragment de la vie de cet homme réduite à néant autour de lui, mais qui semble dans l'acceptation (ou la résignation) d'un calme défait mais où perce malgré tout l'optimisme ; l'optimisme de trouver, là où c'est encore possible, une beauté de la destruction. L'avantage de ce format très très court est que notre imagination prend vite le relais pour suppléer à la frustration de cette rencontre éclair : on peut alors s'imaginer d'autres fragments de la vie de cet homme afin de redescendre de l'onirisme littéraire où l'on s'est plongé.
À une prochaine lecture :)

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Aurélien Azam · il y a
Merci pour cette lecture attentive, Manon, cela me fait grandement plaisir. :) Je retrouve dans ton commentaire certains éléments que j'avais envie de transmettre, particulièrement la musicalité ou l'envie de suggérer plus que d'expliciter. C'est sympa d'avoir un retour sur ce texte-là, maintenant assez ancien.
A bientôt en d'autres mots :)

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Damoclès · il y a
Vos textes ont cette saveur poivre et sel.
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Aurélien Azam · il y a
Merci Damoclès :)
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Napoléon Turc · il y a
Votre texte me fait penser à J.G. Ballard. :-)
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Aurélien Azam · il y a
Merci Napoléon, une belle référence :)
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cendrine borragini-durant · il y a
Votre texte dégage une telle musicalité que je me suis surprise à me le relire à voix haute. Oui, me le relire, pour moi, juste pour le plaisir de danser de concert avec votre poésie.
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Aurélien Azam · il y a
Merci Cendrine, ce commentaire me touche :)
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Bleuet Rouge · il y a
Très inspirant et poétique ! J'adore !
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Aurélien Azam · il y a
Merci Bleuet Rouge :)
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Sylvain Bourjac · il y a
superbe texte, plein de poésie.
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Aurélien Azam · il y a
Merci Sylvain :)
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Christel Roche · il y a
C’est puissant, déchirant, comme une bourrasque
Très beau !

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Aurélien Azam · il y a
Merci Christel :)
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YT MAYA · il y a
Un plaisir à lire! Bravo
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Aurélien Azam · il y a
Merci Maya :)

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