12 lectures

1

Communiqué sur la vie
Je suis parti rejoindre Arthur, Victor, Marcel, Jules et puis les autres, parler de littérature, de leurs joies et puis des nôtres. M'accrocher à leurs rimes, lâcher vos drames et les crimes et châtiments qui inondent nos yeux larmoyants. Plus rien à faire de la frime, du vacarme, du mec là haut qui ment. Je quitte peu à peu ces réseaux pour m'envoyer en ré très haut, écouter de la musique, le chant des oiseaux.
Je ne crache pas dans la soupe mais je renverse la soupière car j'en ai soupé de ces mensonges, ces programmes qu'on nous sert. Je balance l'entrée, le plat et le dessert et je goûte à nouveau la vie, à la petite cuillère. Je m'en vais gerber cette overdose de misérabilisme ambiant, ces nouvelles navrantes et délirantes. Trop longtemps que ça dure. Mais où est donc passée la culture? Oui cela y est, je me barre oui je sais tu t'en bats ou t'en balance. Oui cela y est, je dégage et je m'engage à ne plus souffrir et je fais face aux menaces qui planent au dessus de nos têtes lessivées de toutes ces idées qui contaminent, nous exterminent et je m'engage aussi à rejoindre toutes celles et ceux qui agissent. Oui, ils sont là les attentats, dans les journaux, sur les plateaux à l'heure du repas. Attend toi , tu fais quoi, tranquillement assis devant ton écran à écrire ces mots pour des gens qui s'abreuvent de ces nouvelles, qui lisent "Ici Paris" ou "France Dimanche", qui rentrent chez eux s'abreuver des infos, des intoxs, se gaver de plats chauds préparés remplis de pesticides, d'édulcorants, d'acidifiants et aux produits tout autant dégueulasse pour bien assouvir la masse? Je fais de longues phrases. Je ne me prends pas pour Proust ni Marcel, ni Gaspard. J'ai juste envie de dire oust à la haine, aux cafards. Ils ne connaissent pas leurs voisins, et c'est tout juste, si ils se disent "bonjour", bonsoir", se serrent la main. Je tente un tant soit peu autour de moi, de relever le défi d'y croire, un peu ma foi, au sauvetage de l'amour, de l'échange des Hommes entre eux. J'ai le vertige de voir tout cela, de ne pas savoir quoi faire de plus. Je ne veux pas m'enfermer dans une tour d'ivoire, faire comme tout le monde ne plus rien voir et m'asseoir, signer des pétitions à tour de bras, rejoindre le troupeau bêlant qui ne recherche qu'à assouvir ses élans, sa soif de haine, de cris, de sangs. Ils sont prêts à écraser leurs prochains même si on leur dit que ce n'est pas bien à la messe la dimanche matin. Pour ma part, je le confesse même si j'ai bien envie de leur donner des coups de pieds aux fesses, je veux encore les aimer, ne pas leur jeter la pierre, ni leur donner de leçons. Plutôt envie de leur donner la main, s'encourager les uns, les autres, les inviter à boire un verre, parler ensemble du dernier vers que le poète du coin aura écrit pour la paix, la joie et l'harmonie.
Comme je ne pense pas comme les autres, on me dit, que je ne suis pas dans la réalité, dans la vraie vie. Mais si être dans la vraie vie, c'est trimer, obéir, fermer sa gueule et avancer droit dans le mur, alors non, je n'en veux pas de cette réalité et avec d'autres je veux semer les graines de l'amour, de la joie, du partage, de la solidarité. Je ne cherche pas à avoir raison mais j'écoute la mienne et mon coeur à l'unisson. J'éjecte de moi, de mon intérieur, tout ce qui me débecte m'écoeure. Il ne sert à rien, je l'ai assez dit de perdre son temps, à critiquer ce que l'autre fait de mal ici ou de l'autre côté de l'océan, à juger autrui et plutôt que cela proposer autre chose, d'oser regarder les roses, ne plus préférer l'invective, ne plus lire détective, le buzz, le clash qui fait certes vendre mais qui n'apporte rien que je sache.
Beaucoup trop de négativité, dans ce communiqué et plutôt que de se faire niquer mettons en commun nos rêves et allons pique-niquer au bord des étangs avec nos amis, nos familles, nos voisins et autres aussi qu'on aime tant, ceux qui viennent de loin, à qui ont balance des bombes, pour du pétrole et quelques ronds. Ne tournons plus en rond, autour du pot, surtout pas celui de la pâte à tartiner. Certains sont prêts à se battre pour en avoir sans savoir qu'ils se font avoir par ce poison. Si vous devez vous battre pour un héritage, choisissez celui de l'amour. Vous serez bien riche pour toujours.
Place à la joie, à l'optimisme, au changement. En avant, bonnes gens, entrez dans la ronde, remettez vos habits colorés, souriez, mangez des fruits frais sans pesticides immondes. Ouvrez les conversations, il existe un Festival, va te renseigner cela va être pas mal. Osez parler à votre voisin. Tentez de voir en lui ce qu'il a de bon. Il ne peut pas être que bruyant, égoïste et con. Il doit bien cacher comme toi et moi, un peu d'amour au fond de ses poches, de son coeur qui bat. Promet moi au moins d'essayer tant que tu es en bas. Redevenons ceux que nous étions à l'origine, à l'arrivée. Enlevons ce qu'on nous a foutu dans le crâne comme croyances, dogmes et autres balivernes, remettons de la couleur sur nos visages ternes.
L'avenir est dans l'amour. Je ne cesserai jamais d'y croire, même si je suis le seul et qu'il n'y a plus d'espoir.
J'ouvre à présent les vannes qui déversent ce flot de rêves, de paix, d'amour. Non, l'ascenseur n'est plus en panne. Aimons à chaque étage, le temps est si court.
MOTEUR ACTION
1

Vous aimerez aussi !

Du même auteur

Du même thème