Comment le Loup devint végétarien

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Retraitée, amoureuse des livres depuis toujours, j'ai toujours aimé écrire. Le format court ou très court me convient à merveille. J'aime la magie, les contes de fées et la science fiction. J'ai  [+]

Image de Eté 2016
— Bon, les trois petits cochons ont bâti leur maison comme convenu : une en paille, une en bois et une en brique. Ça, c’est fait. Maintenant le loup arrive... j’ai dit : maintenant le loup arrive !
— Nan ! j’irai pas ! dit le Loup.
— Pardon ? J’ai dû mal entendre ! Peux-tu répéter ?
— J’irai pas !
— Et on peut savoir pourquoi ?
— Parce que je vois venir gros comme une maison que c’est encore un de tes coups tordus dont je vais sortir avec plaies et bosses !
— Moi ? Te faire des coups tordus ? Jamais de la vie !
— Ah bon ! Tu m’as déjà fait manger une grand-mère toute vieille et toute racornie alors qu’il y avait un petit chaperon rouge tendre à souhait.
— Oui, mais tu ne pouvais pas manger le petit chaperon rouge. Voyons !
— Et pourquoi ça, Monsieur ?
— Mais... Mais... parce que dans mon histoire tu devais manger la grand-mère. Et puis c’est tout !
— Ah ! Facile ! Et le jour où tu m’as fait ouvrir le ventre pour y mettre plein de cailloux et me balancer à la flotte après ! J’aurais pu en mourir. Je me demande même comment je m’en suis sorti !
— Là, c’est normal, tu avais mangé les sept chevreaux !
— Et sur l’ordre de qui ? De toute façon, je ne veux pas discuter avec toi. J’irai pas.
— Mais, tu dois juste souffler sur la maison en paille et attraper le petit cochon pour le manger.
— Pour le manger ? Pour de vrai ?
— Pour de vrai !

Le Loup souffla sur la maison en paille. Elle s’envola. Mais, le petit cochon courut se cacher dans la maison en bois de son frère.

— Et alors ? dit le Loup. Il est où mon cochon ?
— Ben, fallait l’attraper, évidemment. Maintenant il est chez son frère. Donc tu dois souffler sur la maison en bois. Et tu auras deux cochons. Elle est pas belle la vie ?

Le Loup souffla sur la maison en bois. Elle s’envola. Mais les deux cochons allèrent se réfugier dans la maison en brique de leur frère.

— Ah ! Mon pauvre loup, dit l’auteur en ricanant, tu n’as vraiment pas de chance. Laisser filer deux magnifiques petits cochons si dodus... C’est bien de toi, ça ! Tu n’as plus qu’à souffler sur la maison en brique.
— Tu ne me prendrais pas pour un imbécile par hasard ? Je vais encore me rendre ridicule. Jamais cette maison ne s’envolera. C‘est trop solide.
— Essaie quand même !
— Non ! Trouve autre chose.
— Tu ne veux pas souffler ?
— Non !
— Bon. Je réfléchis... Alors, tu n’as qu’à descendre par la cheminée.
— Par la cheminée ?
— Mais oui. Une fois arrivé en bas, tu n’auras qu’à les cueillir comme des fraises mûres et le tour est joué.
— Y’a pas d’arnaque ?
— Pas d’arnaque ! Promis, juré, craché !

Le Loup grimpa sur le toit de la maison et commença sa descente. Mais il sentit comme une vapeur chaude aromatisée au chou, poireau, carotte, qui montait vers lui.

— La vache ! Pas d’arnaque qu’il disait. Ils ont allumé un chaudron de soupe et veulent me faire bouillir comme un vulgaire pot-au-feu !

Il essaya de remonter en vitesse, glissa et tomba tout droit dans la marmite d’où il ressortit en vitesse. Il courut vers l’auteur et lui cria :

— Tu as encore essayé de m’avoir. Mais, c’est raté. J’en ai marre de tes histoires à la gomme. Regarde les rigoler comme des perdus. C’est fini. Plus jamais tu ne pourras faire appel à moi. Trouve-toi un autre pigeon. À partir d’aujourd’hui, je ne mangerai plus jamais de cochons, ni de chevreaux et encore moins de grand-mère. Je vais cultiver des carottes.

Et voilà comment le Loup devint végétarien.

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