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Coeurs d'adolescents

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Loutze

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Ces mots.
Qu'on entend dans la bouche de tellement de personnes différentes, de différentes manières.
Ce soir là, il les a prononcés.
Au milieu de notre conversion banale, il a lancé :


" - T'es belle".

J'ai ris, secouant la tête.
Il m'a demandé pourquoi. Je n'ai pas répondu. J'ai hésité. Ralenti. Puis je lui ai avoué.
Comme ça, spontanément. Je suis pas du genre à avoir la langue dans ma poche, à pas dire les choses pour pas blesser. À pas laisser sortir mes pensées. Plus maintenant.
J'ai ouvert la bouche, pris une inspiration.
L'air nocturne sentait le frais, les moutons, le crotin, le foin, un air de début d'été, plein de promesses et de simplicité. De vérité.

Je l'ai regardé. Il me fixait de son regard en biais, pétrifié, comme pour ne pas m'effrayer. Comme si j'étais un animal farouche, sauvage, imprévisible. Dangereuse.
En prenant conscience de ce que je provoquais, une onde de confiance, de puissance, m'a parcouru. Quel sentiment effrayant. Malsain.
Je l'ai regardé tout à fait en face, les émotions qui avaient surgies à ses mots revenant d'un coup, me faisant tituber :
" - C'est juste que... je ne sais plus comment réagir. Plus quoi penser. On me dit noir, puis un autre me dit blanc, puis noir, puis blanc.
Je sais jamais c'que je dois faire après. Si j'dois dire merci alors que j'le pense pas. Si j'dois faire comme si t'avais rien dit et rendre le moment gênant, ou si on doit s'embrasser après, ou les deux. Je sais jamais si c'est interessé ou sincère.
Alors jme contente de rire le temps de trouver une solution, mais j'en trouve pas et ou je décois ou je vexe. Alors je fais rien. Ca rend les choses plus faciles, mais en même temps je voudrais tellement agir, n'importe quoi, qui me fera passer ni pour une meuf torturée, ni pour une meuf coincée, ni pour une meuf qui s'en fou. Parce que je m'en fou pas du tout." J'avais débité cela d'une traite, sans avoir eu conscience de retenir mon souffle, que je relâchais dans un souffle bruyant.

Il m'a regardé en silence. Je craignais que malgré tout nos points communs, il ne comprenne pas. Il était humain. Il comprendra. Mais... suis-je seulement humaine ?
Il a sourit, un tout petit sourire un coin.
Il a fait glisser le bouchon de sa première bière qui ne le quittait jamais, entre ses doigts, puis :
" - Ça dépend de la personne qui le dit, je pense."
Et voilà.

Comme si tout était simple, évident. Peut être était-il plus mature que moi ? Peut être ne se posait-il pas autant de questions.
" - Oui, oui sûrement". J'ai murmuré ma réponse qui n'en était pas une, pensant déjà à autre chose.
" - Qu'est ce que t'as envie de faire ? " murmura-t-il.
Je reportais mon regard sur lui.
" - J'ai envie de... t'embrasser."
Il s'est doucement rapproché.
" - Alors pourquoi tu le fais pas ?"



Parce que ce n'étais pas à moi de le faire. Parce que même si lui le faisais, je me détournerais. Parce que je ne savais pas ce que je voulais :


" - Parce que j'ai peur. J'ai peur qu'on s'embrasse, j'ai peur de ce que je vais ressentir à ce moment là. Et j'ai peur de ce qui va se passer après. Si tu vas partir, m'abandonner, me laisser dans le noir avec toutes ces émotions trop grandes pour moi, trop grandes à porter seule. Parce que j'ai peur d'aimer, mais plus encore de ne plus pouvoir aimer."
Voilà. C'était dit.

Je n'avais même pas eu conscience de penser ca. Les mots étaient sortis tout seuls, sous son regard attentif, patient, aimant.
" - Alors ne le fais pas. Ne m'embrasses pas. Ne dit rien. Soit bizarre." A-t-il répondu. Il a haussé les épaules, rangé son bouchon dans la poche de son imper'. M'a tendu un bonbon aux plantes. Je l'ai pris. Il en a sorti un autre pour lui.
Et nous avons continué notre marche, sous les étoiles, avec nos coeurs d'adolescents, et, j'en étais persuadée maintenant, moins humains que la plupart des gens.

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Eric Vain · il y a
Parfois, la bizarerie peut-être plus fort que le fait d'être humain (mais ça, on en a déjà parlé) ;-) Bien sympa!
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Fleur de Tregor · il y a
Très beau texte Loutze, et cette texte phrase géniale "adolescents moins humains que la plupart des gens".
Très beau texte, néanmoins un peu gâché, tant il y a de fautes. Regrettable aussi qu'il faille, à la lecture, revenir souvent en arrière pour savoir qui parle... tellement les dialogues sont mal construits.
Il faut lire, relire, et relire encore. Revenir le lendemain, et le surlendemain, et encore et encore les jours suivants, avant qu'un texte puisse être dit "abouti". Bonne chance pour les corrections à venir !

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Loutze · il y a
D'accord, pouvez vous m'aider a relever certaines des "fautes" ?
Au niveau des dialogues, c'est dans l'ordre tout simplement, je suis fatiguée de devoir faire des modifications parce que les gens ne comprennent pas le deroulement de mes textes, et ils sont "mal construits" tout simplement parce qu'il n'y a pas de dialogues a proprement parler, juste des phrases coupées par des pensées, et introduites avant ou apres par des pronoms personnels ou demonstratifs. Merci cependant pour ce commentaire constructif.

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Fleur de Tregor · il y a
Ah jeune Loutze, il faut que tu saches qu'écrire c'est aussi de la fatigue de relecture. Et, fatalement, ça passe par de nombreuses relectures pour offrir aux lecteurs... du plaisir !
Justement, si les dialogues sont entrecoupés de pensées, tu devras être encore plus rigoureuse avec la ponctuation (ici, avec les guillemets). Ce peut être astreignant parfois (surtout si tu ne maîtrises pas la ponctuation et la dactylographie) mais si tu as envie d'être lue (c'est pour cela que tu as confié tes textes à Short Edition, isn't it ?), et bien, tu dois penser au lecteur. Les vieux lecteurs notamment (probablement 95 % des auteurs de Short Edition) maîtrisent la langue française plutôt très bien ; et tous n'auront pas la patience d'essayer de décrypter ta prose si tes textes ne sont pas fluides et élégamment mis en page !
Quant à tes corrections, ce n'est pas à moi de te corriger ! Mais j'avoue que je suis surprise que ton texte ci-dessus conviennent si peu de fautes (il y a "à relever" et "à proprement parler" - Les autres fautes d'accents é è sont juste toutes prêtes sur ton clavier. Tu les trouveras toute seule). Donc, si tu fais un effort, tu dois pouvoir bien avancer les corrections toute seule ; puis te faire relire par tes parents ou grands-parents.
à bientôt ?

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Loutze · il y a
Je me suis relue ! Simplement ... on n'a pas la meme facon de le faire ... je manque certainement d'une certaine forme de rigueur ... tout le monde me le dit, le fait est que je relis mon texte et ne vois pas le probleme, je comprend parfaitement qui parle et je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde puisque vous me le dites mais je ne sais pas comment faire autrement.
J'ecris depuis longtemps et c'est plus un moyen d'expression, une facon d'evacuer la vapeur de la cocotte plus qu'une réelle envie, c'est un besoin et à partir du moment où je déforme, retravaille, relis, modifie ce produit pour le plaisir d'autres personnes me met mal a l'aise et me donne l'impression de dénaturer ce produit brut écrit sous le coup d'une inspiration subite, qui repart aussi vite qu'elle revient et apres je suis incapable de changer quoi que soit, a part la correction de mes fautes.
Et mes parents et grands parents ne sont pas au courant, et meme s'ils le sont beaucoup de textes sont personnels et je ne veux en aucun cas leur montrer ces ... parties de moi. Meme si de mon point de vue des accents manquant ne sont pas des fautes ...

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Fleur de Tregor · il y a
D'accord. Je comprends.
Alors, pour ça (faire évacuer la pression de la cocotte et le besoin d'extérioriser), il y a le journal intime !
Si tu ne veux pas corriger pour le lecteur, c'est que tu n'es pas prête à "publier" !

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Loutze · il y a
Je ne pense pas que vous soyez à même de décider si je suis prête ou pas a publier. Donner des conseils, personne ne vous en empêche, mais juger et faire la morale, ce n'est pas de votre ressort, d'autant que je n'ai rien fait de mal autre que d'avoir une façon d'écrire qui ne vous plaît pas.
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Fleur de Tregor · il y a
Si, à ton âge, tu ne peux entendre des conseils de bien plus vieille que toi : passe ton chemin !
Je ne t'ai absolument pas jugée, ni fait la morale.
Et tu te trompes lourdement : j'aime la plupart de tes textes. Je n'ai jamais écrit le contraire. J'ai même voté pour la plupart d'entre eux, sauf un !

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Loutze · il y a
Au contraire ... j'essaye au mieux d'accpeter la critique, j'ai d'ailleurs corrige et modifié du mieux que je pouvais, mais je crois que j'ai mal pris votre facon de me le dire, et je vous ai fait subir mon humeur, j'en suis navrée, maintenant j'ai "digéré" et le fait est que vous avez raison. Merci
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Fleur de Tregor · il y a
Whaou... au moins, tu n'es pas rancunière ! C'est déjà beaucoup !
à bientôt, jeune Loutze.

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Loutze · il y a
Non la rancune appartient au passé, et je m'efforce de vivre dans le présent, de plus c'est un sentiment fourbe :) a bientot
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Ellyne · il y a
C'est beau parfois de pas être humain
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Loutze · il y a
Merci .... :)
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