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Clyméne et John

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Dans la mythologie ancienne, Clymène est la dame de compagnie d’Héra, la sœur et la femme de Zeus. Les enfants de Clymène sont Atlas, Épiméthée, Ménotios, Prométhée. Zeus condamnera Atlas à porter pour l’éternité la voûte céleste sur ses épaules pour avoir participé à la guerre contre les dieux de l’Olympe.

Hadès sait que Clymène, en tant que dame de compagnie, n’a pas cessé d’entendre les plaintes d’Héra au sujet des frasques de son mari. Il se doute qu’il est facile de détester une personne dont on entend du mal à chaque instant. De surcroît, Hadès sait que le fils de Clymène est condamné à porter pour l’éternité la voûte céleste. Hadès pense que Clymène devrait pouvoir rallier à sa cause.

Clymène a réfléchi à deux fois le choix de sa destinée sur terre. Même pour un dieu, il est difficile de déterminer son besoin primaire. Effectivement, pour nous humains, quelle serait notre vie sans contrainte. Clymène a toujours une obsession des choses bien rangées, des choses à leur place. Ce postulat a compté dans sa décision et c’est pourquoi elle décide de devenir gouvernante d’un établissement hôtelier. Ainsi, elle pourra encadrer, organiser et contrôler le personnel d’entretien et de ménage des chambres. Elle aura un regard vigilant sur les sanitaires et les parties communes de l’hôtel. Elle participera avec la direction de l’hôtel à l’agencement et même parfois la décoration. Elle adore les petits objets aussi beaux qu’inutiles, elle est même amusée par la surveillance de l’approvisionnement des minibars. Elle prend son travail très à cœur. Elle est entourée de son armée. Plumeau sur l’épaule, chacun progresse dans la direction prévue. Clymène, sous le nom de Mademoiselle M. Lycène bivouaque avec ses troupes dans la chambre 101. Après son inspection méticuleuse, elle claque ses talons haut et s’écrit avec autorité : « nous avons gagné la bataille de la 101, continuons la guerre en 102 ». Les filles sortent de la chambre en file indienne. Leurs petits pas sont rapides et ces demoiselles sourient aux plaisanteries de leur adjudant-chef.

L’hôtel où officie Mademoiselle M. Lycène se situe aux États-Unis à New York, au croisement de la rue de Broadway et de la 73e rue. Le bâtiment est magnifique, la profusion de balcons et de fenêtres ornées en fait un lieu magique qui avait tout pour séduire Mademoiselle M. Lycène. Au dernier étage se trouve la suite royale. Celle-ci est louée à l’année par John Trinesko. Il s’agit d’un homme d’affaires. Le personnel de l’hôtel n’arrive pas à définir qui est ce John Trinesko. Il passe sa vie dans sa suite royale pour exercer ses affaires à la façon d’une tour de contrôle. Mademoiselle M. Lycène a sélectionné une équipe triée sur le volet afin de répondre aux besoins du meilleur client de l’hôtel. Tout de même, « 50 000 $ par mois pour une chambre à l’année » s’exclame Laetitia. Megan sourit, elle ajoute : « riche et beau, tu te rends compte ». Tout en officiant, ces demoiselles s’amusent à rejouer « Pretty Woman ». Après plusieurs mois de gouvernance, Mademoiselle M. Lycène, perçoit un trouble chez John Trinesko. Elle trouve même son comportement un petit peu étrange, voire surprenant. D’habitude, John Trinesko est toujours égal à lui-même, digne, souriant et quelque peu énigmatique. De façon fugitive, elle imagine toutes sortes d’histoires allant de la disparition d’un proche à des pertes financières.

Pendant que les demoiselles s’activent dans la suite royale, Mademoiselle M. Lycène n’arrête pas de remarquer la présence d’un petit papier qui dépasse du sous-main. Elle y revient plusieurs fois de suite et cela l’agace. Elle décide de le positionner parfaitement pour que celui-ci soit parallèle au motif du cuir du sous-main. Pour effectuer cette opération, elle est obligée de sortir le papier de sa cachette. Elle tire lentement le document et découvre une petite note écrite à la main. Mademoiselle M. Lycène n’en croit pas ses yeux, elle est estomaquée de ce qu’elle vient de lire. Elle regarde rapidement autour d’elle afin de s’assurer que personne n’est en train de l’observer. D’un geste un peu tremblant, elle replace le papier dans la position initiale. Mademoiselle M. Lycène crie à la volée : « Mesdemoiselles, on lève le camp ». Laetitia, un peu désespérée s’écrit : « mais Mademoiselle ». Mademoiselle M. Lycène tourne la tête en direction de Laetitia. La gouvernante plisse ses paupières en fronçant ses sourcils. Sans un mot, Laetitia et l’ensemble de la troupe quittent les lieux.

à suivre sur http://www.pierretomyleboucher.fr

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