Clichés mortels

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Bonjour Je m'appelle Paul, j'ai toujours rêvé d'écrire. Je participe modestement à un atelier d'écriture depuis environ deux ans. Je n'ai aucune prétention particulière, sinon celle  [+]

Jack était tombé éperdument amoureux d'Emilie. Il s'étaient connus lors d'un shooting photo. En effet après des années à avoir travaillé dans un obscur bureau de poste, La quarantaine passée, il avais décidé de tout envoyer promener. Son insignifiante vie de fonctionnaire ne lui apportais plus la satisfaction intellectuelle espérée.

Depuis toujours il lui avais semblé qu'au delà du simple besoin de se nourrir, l'homme avait d'autres ambitions à satisfaire, jouir de l'expression artistique. Le hasard d'un appareil photo retrouvé dans une malle au fin fond du grenier de la maison de son oncle avais scellé son destin. C'est à la photographie qu'il consacrerais sa vie désormais.

Il avais constitué un book fait de paysages et d'évènements divers qui lui avais donné une petite notoriété. Approché par les milieux des médias et de la mode, il se tournait désormais vers la photographie de modèles.

C'est ainsi qu'il avait rencontré Emilie, au cours d'une séance à évocation historique, l'importance de la communion entre le preneur de vue et le modèle avait revêtu ici toute sa signification, Emilie anticipant les poses suggérées par Jack, allant même jusqu'à faire des propositions auquel le photographe n'avait pas pensé.

Cette après midi de shooting s'était tellement bien déroulée, que ni Jack ni Emilie n'avaient vu le temps passer. Seule la nuit et le manque de lumière ne permettant plus de prises de vue idéales leur avait laissé réaliser qu'ils étaient déjà arrivés à une heure bien avancée.

Emilie s'était montré tellement satisfaite de cette séance, qu'elle avait obtenu de Jack qui lui envoie par mail l'ensemble des photos du shooting lorsque celle ci seraient finalisées.

Deux jours plus tard, Jack avait envoyé le mail à Emilie, mais celle ci s'étant absenté pour un shooting photo à New York, c'était Georges son agent qui était tombé dessus, la boite aux lettre professionnelle d'Emilie n'étant pas verrouillée.

Espérant bien plus que des relations professionnelles avec Emilie, Georges étaient devenu fou de rage en voyant cette séance photo si réussie qui trahissais bien plus que du professionalisme de la part de Jack. En effet loin de représenter la beauté du jeune corps d'Emilie, Jack avais su par les angles de prises de vues, les regards captés ou les expressions de visage d'Emilie traduire des émotions bien plus fortes que celle d'un simple portrait sur papier glacé.

Nous étions le 14 novembre et l'ouverture de la chasse avait poussé dehors quelques marnais en guoguette accompagnés de leur setter irlandais. Les chasseurs ne rentreraient pas bredouille ce soir, mais leur macabre découverte risquait de les dégoûter de la chasse à tout jamais. En effet les chiens avaient aboyés au bord de la rivière, flairant sans doute une piste. Intrigués les chasseurs avaient empruntés une barque qui s’alanguissait là au bord de la rivière, flottant mollement au rythme des remous et attachée par une corde.

En montant dans la barque et à l'aide d'un bâton, l'un des chasseurs finit par toucher quelque chose de mou. A l'aide d'un filet de pêche, ils extirpèrent le corps d'une jeune femme qui ne pouvait être que celui d'Emilie, disparue depuis trois mois déjà. L'identification judiciaire confirmerai ces rumeurs de disparition.

La mort avait frappé fauchant en plein vol les espoirs de carrière et les ambitions d'Emilie, Jack avait appris la nouvelle par la chaîne BFM TV toujours avide de sensations fortes, de sang et de larmes.

Mollement affalé dans son canapé et sirotant le fond de la bouteille de whisky, qu'il avait presque terminé, il vit l'appareil photo posé sur la table basse. D'un coup de pied malhabile mais énergique, il l'envoya valser sur le carrelage. C'était ce maudit appareil qui en trahissant ses sentiments pour Emilie l'avait conduite vers une mort certaine, plus jamais il ne ferais de photos.

Demain il passerait à l'armurerie du village, il avait un compte à régler avec Georges....
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