Clément le drôle

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J'écris depuis très longtemps par passion et surtout pour m'amuser . Vous pouvez me retrouver sur Amazon où sont publiés mes romans et mes recueils et sur Facebook "Les pages de l'Herm". Merci à  [+]

« M'aimes-tu un peu ? » lui demande-t-elle en riant. « Pourquoi un peu ? » l'interroge-t-il à son tour. « Tu sembles si loin de tout ! » lui répond-elle se penchant par la fenêtre. « Je t'aime énormément ! » réplique-t-il piqué au vif. « Alors c'est très gentil » souligne-t-elle le sourire toujours aux lèvres. « En voilà de drôles de questions ! » relève-t-il quelque peu fâché qu'elle émette des doutes quant à son attachement. « Ne sois pas contrarié, tu sais combien j'aime te taquiner ? C'est plus fort que moi » le rassure-t-elle le voyant troublé. Il la regarde et ne sait pourquoi, elle se transforme en un bouton d'or qu'il voudrait cueillir maintenant. Il aime ses cheveux courts, son air mutin, sa chemise Vichy. Elle est belle de simplicité, bien trop belle pour lui, le garçon de la campagne. « Je suis désolée » lui adresse-t-elle revenant vers lui et déposant sur son épaule, un baiser léger et frais comme le vent qui soulève doucement les voilages. « Emmène-moi danser ! » lâche-t-elle brusquement allumant une cigarette. « Il paraît qu'un nouveau cabaret s'est ouvert du côté du théâtre » reprend-elle libérant un voile de fumée. « Mais je ne sais pas danser » réplique-t-il honteux. « Ne fais pas le sot.Je t'apprendrai » insiste-t-elle lui prenant la main et la faisant balancer entre eux deux. « Viens » s'exclame-t-elle posant un microsillon sur le tourne-disque. « Regarde-moi » lui demande-t-elle se déhanchant au rythme de la musique dont les notes s'envolent par la fenêtre. Admiratif, il s'assoit sur l'accoudoir du fauteuil, et la regarde bouger, vivre, s'épanouir. La ferme, ses sœurs, les champs et leur labeur, tout cela est loin, très loin. Joséphine est une vague immense de bonheur dans sa vie de jeune étudiant, et rien que pour cela, oui il l'emmènera danser. La pièce tangue, Lyon et la Saône s'habillent d'un rose pâle ourlé d'argent, la soirée sent les vacances et la liberté. « Alors ? Qu'en dis-tu ? » s'écrie-t-elle les joues rouges de félicité. « J'en pense que tu es un rayon de soleil » ne trouve-t-il rien d'autre à lui dire, tant son cœur et son esprit sont dans tous leurs états. « Idiot. Veux-tu bien m'emmener danser ? » persiste-t-elle. « Pourquoi ne pas rester ici, tous les deux, seulement nous deux ? » la supplie-t-il n'osant lui avouer qu'il a peur de la perdre, qu'un garçon bien plus beau que lui, bien plus fortuné que lui, ne lui enlève. « Je n'ai pas besoin de cabaret, de champagne, de lampions pour t'aimer » lui signifie-t-il espérant la convaincre. « Je le sais idiot ! Yvette et Gilbert seront là, ce sera très amusant. Je sais que tu les aimes bien » lui explique-t-elle les yeux pétillant d'envie et d'exaltation. « Bon d'accord ! » finit-il par dire. « Oh ! Merci, merci » fait-elle se pendant à son cou et le couvrant de baisers presque enfantins. « Clément Exbrayat, tu es merveilleux ! » chante-t-elle tournant sur elle-même. « Joséphine ! » lance-t-il la voyant ouvrir la porte d'entrée. «  Oui ? » dit-elle le fixant. « Promets-moi que tu ne disparaîtras pas. » lui avoue-t-il timidement. « Disparaître ? » appuie-t-elle surprise. « Oui disparaître. Tu es mon étoile Joséphine, le sais-tu ? » confesse-t-il s'approchant d'elle. « Et toi un gros benêt. » riposte-t-elle passant farouchement son bras sous le sien. «  Clément Exbrayat tu es vraiment un drôle de garçon et c'est pour ça que je t'aime follement » enchérit-elle ouvrant franchement la porte, et l'entraînant sans façon, dans les escaliers.
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Ginette Flora Amouma · il y a
Comme un dimanche à la campagne.
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Albane Charieau · il y a
j'adore ce film. Merci infiniment Ginette pour cette charmante comparaison. et pour vos passges qui me touchent énormément.

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