Cimetière de sapins

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Depuis toujours, l'écriture est au centre de mes journées. Que ce soit en écrivant des biographies de particuliers, en collaborant avec des entreprises ou en participant à des concours de  [+]

Comme tous les mois de janvier, je découvre encore ce matin, abasourdie, des restes de sapin jonchant les trottoirs parisiens. A la vue des lambeaux de décorations brillantes et pailletées sur les épines survivantes, je me dis que certains ont dû passer un sacré bon Noël. Mais le sapin dans l’histoire ?
Acheté bon marché dans un hyper de quartier ou une fortune chez un fleuriste, on le pare de nos plus beaux atours, on le décore de mille feux, l’affuble de boas excentriques, on le vêtit de dorures et le condamnons à supporter la chaleur et les wattheures de guirlandes excitées.
Bien sûr, nous prenons soin de le couronner d’une étoile synthétique et de boules chatoyantes avant de déposer à ses pieds les présents tant attendus le soir du réveillon. Quelle vie de rêve, quel spectacle que ce notre beau sapin. Et nous de chanter une chanson à sa louange. Il trône à une place choisie au centre même de nos salons. Il est rarement en plastique car nous nous délectons de son odeur tout fraîche et si toutefois il en manque, nous nous offrons de cette fragrance en spray conditionné. Un vrai bonheur. Une tradition et même parfois, une cérémonie. Allez les enfants, on va faire le sapin ! Il est devenu un réel symbole de Noël. Les moins mécréants d’entre nous y adosse une jolie crèche et ainsi, tout le monde est réunis, signes ostentatoires d’une fête aussi religieuse que commerciale.
De combien est l’espérance de vie d’un arbre ? Des mois, des années voire des milliers d’années, non ?
Parce que notre cher sapin, roi des forêts comme le piaillent quelques uns, ne vit lui que quelques semaines tout au plus.
A peine les fêtes passées, le voilà jeté malproprement sur le bitume ! et qu’il se débrouille pour s’enraciner !
Il devient dès le 1er janvier, la personnification de notre moral en berne. Il fait froid, il fait gris, l’euphorie des festins et autres beuveries de fin d’année retombe petit à petit et il faut vite, très vite, se débarrasser de cet arbuste encombrant qui met des épines partout. Et ça pique. Et ça fait sale. On met tout notre mal être dans ce tronc à qui l’on arrache ses habits de lumière, que l’on range dans une boîte et qui servira au prochain.
Evidemment, pour faire les choses bien, on lui achète son sac personnel, parce que c’est une bonne action que d’acheter un sac en plastique marron prévu à cet effet, ils le disent à la télé.
Pour les sapins qui ont moins de chance, on les délaisse devant notre porte, on les jette dans la Seine ou dans un canal quelconque. Ce n’est pas encore la mode du recyclage mais ça viendra peut être.
7 millions de rois des forêts disparaissent comme cela chaque année. Ils sont élevés pour ça disent certains. Emblème de la main de l’homme sur la nature, signe de notre dévouement de façade pour l’écologie et symbole de notre capacité à débattre du Vert en laissant pourrir la nature même sur nos trottoirs après même l’avoir encensée.
Le sapin ? C’est vraiment l’arbre qui cache la forêt.

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