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"Ploc, ploc, ploc" faisaient les gouttes d'eau en éclatant sur le sol du hangar. Elles composaient une sorte de mélodie entêtante qu'il devenait difficile d'ignorer, une fois remarquée. Le petit garçon secoua la tête, pour se débarrasser du bruit. Elle lui avait dit de ne pas se laisser distraire, que s'il ne restait pas concentré, comme elle lui avait appris, ils le sentiraient, et ils viendraient. Il entendrait d'abord leur chant, doux et majestueux, puis il sentirait leurs doigts, longs et fins. Il ne se serait même pas rendu compte qu'ils s'étaient approchés.
Il fut pris d'un violent frisson rien qu'à cette pensée. Il n'avait aucune envie d'être emmené. Pire, il avait peur. Il n'était pas comme elle, il était faible, il n'avait pas la même volonté, d'acier renforcé.
Le tapotement de petites pattes sur le ciment lui fit relever les yeux. Non non non. Pas maintenant. Surtout, respirer, profondément, et ne pas entendre.
Ploc ploc taptaptap ploc...
Plus il y en aurait, plus ce serait difficile. Tous ses sens étaient en alerte, attirés par mille et un trésors à voir, écouter, toucher, goûter même, s'il trouvait le courage de sortir de sa cachette... Mais non ! Surtout, ne pas bouger, mais attendre. C'était trop dangereux, il ne savait pas faire, il était maladroit. Il ne ferait qu'aggraver la situation. Il n'était pas discret...
Il se rendit compte qu'il se balançait légèrement d'avant en arrière. Qu'est-ce qu'elle lui avait dit déjà ? Ah oui, qu'elle ne partait pas longtemps, qu'il ne fallait pas qu'il s'inquiète, qu'il était en sécurité ; il pouvait rester seul, il s'était assez exercé...
Mais elle avait tort.
Et elle ne revenait pas.
Ploc taptap ploc tap clic
Il sursauta. C'était trop. La sueur coulait sur son visage, ses yeux lui piquaient, il n'osait pas bouger, pas même pour s'essuyer, ni même pour se boucher les oreilles, car il savait ce geste inutile.

Un chant, doux et majestueux glissa dans les airs et pénétra dans le hangar abandonné. Lorsqu'on l'entendait, il était déjà trop tard. Des longs doigts vous touchaient alors, sans que vous ne vous soyez rendu compte qu'ils s'étaient approchés.

Il la reconnut, grande, belle et transparente. Elle avait tenu parole. Elle lui sourit et lui tendit la main.
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