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Chroniques végétariennes

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Toine

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Il m’est arrivé de manger du singe séché (difficile à prononcer, ces deux mots-là !) qui avait fait le voyage en avion depuis l’Afrique et préparé par un ami camerounais. Il aurait pu également m’offrir un repas à base de viande de serpent. Ça doit ressembler à la saumonette qu’on trouve chez le poissonnier du coin.

Pour en revenir au singe, il est des pays, en Asie notamment, où l’on déguste la cervelle du singe encore vivant après lui avoir décalotté la boîte crânienne ! Brrr...
En d’autres lieux, on peut festoyer avec une bonne poêlée d’insectes grillés.
Et des peuplades vivant en pleine forêt tropicale sont capables de se nourrir en arrachant l’écorce des arbres sous laquelle ils trouvent de gros vers blancs qu’ils croquent à pleines dents. Il paraît que c’est plein de vitamines. Chouette !
Les chinois mangent régulièrement du chien et du chat. Quelle horreur !

Mais chez nous, que mange-t-on ?

Je me suis fait un jour copieusement insulté après avoir confié à des amis que j’avais beaucoup apprécié un plat de viande de poulain.
- Comment ! Tu oses manger ce pauvre petit animal si mignon ?
Les mêmes qui s’offusquent peuvent se régaler sans problème avec un poulet aux écrevisses ou un civet de lapin...
Est-ce à dire que le poulet, le lapin, les écrevisses seraient des sous-animaux, des êtres moins sensibles que le poulain dans je ne sais quelle hiérarchie animale ?
Que dire alors de la vache et de son veau, du porc ou de l’agneau ?
Et que penser de la dégustation des moules, huîtres, escargots, coquillages et crustacés ?
Et les poissons ? Ne sont-elles pas magnifiques la dorade royale ou la friture argentée glissant harmonieusement au milieu des flots bleus ?
Mais c’est tellement délicieux, grillé au beurre avec quelques amandes effilées !

Bien sûr, on peut opter pour une philosophie végétarienne ou végétalienne.
Mais si l’on choisit d’être carnivore, tout est bon au palais.
Et si les papilles gustatives prennent leur pied, alors on oublie le cri du cochon terrifié à la vue du couteau qui va l’égorger, le couinement du lapin qu’on assomme avant la mise à mort et les récriminations inaudibles mais sans doute bien réelles du poisson prisonnier du hameçon ou celles de l’escargot contraint à une régurgitation involontaire de sa propre bave...

Quand vous mangez du foie gras, pensez au petit caneton qui sort de sa coquille avant de devenir un beau canard au plumage coloré. Si vous dégustez une huître, imaginez les embruns portés par la houle marine.

Un pâté de chamois sur un toast grillé et vous voilà sur un sentier escarpé des sommets alpins.

Bref, il faut bien manger pour vivre. Certes, on peut considérer qu’il est très injuste de profiter de la faiblesse des animaux avec lesquels nous cohabitons.
Mais qui nous dit que le poireau lui-même ne souffre pas en silence au moment de l’arrachage de ses racines profondément fixées dans la terre du jardin ?
Faudrait-il faire la grève de la faim pour être en règle avec sa conscience ?
Ou bien se transformer définitivement en herbivore au risque de devenir chèvre ?

Mangeons avec modération, dégustons ce qui nous fait plaisir et, comme des hédonistes, VIVONS !

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