Chroniques du nouveau monde I

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- Allez Marie, encore un petit effort ! Dit la jeune femme à sa vache, la ligne est presque entièrement labourée. Tu ne peux pas t'arrêter maintenant !

Mais la vache, complètement épuisé, ne tirait plus rien du tout. Le reste du labour allait devoir attendre demain. Aussi fatigué que sa vache, la jeune femme prit la direction de l'étable afin d'aller y mettre Marie à l'abri pour la nuit. Cette dernière apprécia l'arrêt du travail, elle s'avachit dans l'étable et se mit à ruminer du foin. La jeune femme, quant à elle, prit quelques secondes pour s'étirer sur les barricades en bois de l'étable et sortit en direction du forum de rationnement de son petit village. Au loin, le soleil se couchait lentement à l'horizon, sur les ruines d'une citée d'avant guerre, mettant en contraste la beauté du paysage dévasté et donnant une idée de la grandeur passée de cette citée. Quels trésors pouvaient bien renfermé un tel endroit pour qu'il soit interdit de s'y rendre ? Et quels dangers, aussi ?

La jeune femme qui continuait à avancer arriva rapidement jusqu'au centre du village et le forum se dessinait devant elle au fur et à mesure de sa progression, un imposant bâtiment qui renfermait toutes les ressources importantes nécessaires à la pérennité du village. La jeune femme s'y rendait pour prendre ses rations de la journée. Afin d'avoir plus à manger le soir, elle ne mangeait plus le midi. Et une fois de plus, la déception fut au rendez-vous.

- C'est tout ce qu'il y a aujourd'hui ? Demanda la jeune femme au milicien sur un ton qui trahissait une supplique désespéré.
- Désolé Cathy, lui répondis spontanément le milicien, les rations sont très faibles aujourd'hui.

Le repas du soir allait encore être bien maigre. La jeune Cathy se résigna et repris la direction de sa cahute en quittant le forum. Elle habitait à la limite du village, presque en extérieur, après la mort de sa mère, elle avait insisté pour habiter dans la maison de cette dernière. De ce fait, elle n'y avait pas pensé sur le coup, mais elle devait traverser le bidon-ville. À chaque fois qu'elle arrivait au niveau des premières cabanes, elle accélérait le pas.
Mais cette fois là, elle dut freiner sa progression à peine arriver dans le bidon-ville. Marc, le fils du chef l'attendait. Il venait encore lui faire la cour. Elle savait qu'il était intéressé, elle était jeune et belle, et elle était en bonne santé. Cependant, elle n'était pas intéressée. Et malgré les invitations répétées de Marc, elle continua sa route. Elle pensa plusieurs fois qu'elle aurait dû céder à ces avances, elle n'aurait peut-être pas d'autres occasions de fonder une famille. La sienne était relativement mal vue. En cause, la proximité de sa mère avec un vieil ermite qui vivait en dehors du village, profondément dans les bois. Il était plus vieux que le village, il était plus vieux que la guerre. Il possédait d'anciens savoirs qui disait-on, avaient causés cette guerre qui avait fait régresser l'humanité au stade où elle en était aujourd'hui.

Elle arriva peu après à sa cahute, une vieille caravane d'avant guerre qui lui sert de domicile. De nombreuses familles ont des habitations similaires. Le village avait été construit sur une ancienne aire de caravaning.
La nuit était définitivement tombée et la ration rapidement avalée. Cathy voulait dormir, mais elle n'y parvenait pas. Malgré l'épuisement dû à sa journée de labeur, son esprit était assaillit de questions, c'était tous les soirs la même chose. Alors, comme tous les autres soirs, elle eut la même réaction, elle sortit et se mit à courir dans les bois, sans destination aucune. Au hasard de sa course, elle espérait secrètement trouver la maison de l'ermite. Et ce soir elle allait être exhaussée. Après vingt minutes de course effréné dans la nuit noire, elle chuta. Les premières douleurs furent celles des éraflures à l'intérieur des mains. La seconde douleur fut celle d'une oppression au niveau de la cheville. C'était un garrot, un piège destiné au règne animal. Cathy l'avait littéralement défoncé.

Elle prit près d'une heure à se défaire de la complexité du piège, la fatigue était là et elle somnolait. Maintenant, il fallait rentrer. Mais c'était sans compter sur un craquement de branche derrière elle qui lui glaça le sang. Elle ne se retourna pas tout de suite, si une créature devait venir la dévorer, elle ne voulait pas la voir venir. « Tu aurais dû accepter les avances de Marc, Cathy, se dit-elle. ». Elle se ravisa cependant aussi vite qu'elle prit peur. Un cliquetis provenant de derrière elle ne pouvait signifier qu'une chose. C'était humain. Mais aussi, c'était armé. Alors, elle prit son courage à deux mains et se retourna. Et non sans oublier sa peur, elle savait qu'elle l'avait trouvé.

Un long paletot qui le recouvrait presque entièrement, une capuche pour cacher un visage entièrement ridé, une longue barbe grisonnante, le stéréotype vivant du vieil ermite. Elle fut un peu soulagée, mais le vieil homme ne montrait pas le moindre signe de sympathie et son fusil était toujours braqué sur la jeune femme. Tout chez lui, exprimait l'agressivité, alors Cathy prit soudainement l'initiative de briser le silence.

- Désolé, pour le piège ! Le ton de sa voix n'avait jamais été aussi fébrile.
- Qui êtes-vous ? Lui répondit le vieille homme d'une voix chargée de rocailles.
- Je... Je m'appelle Cathy. Je suis la fille d'Emillie et j'aimerais que vous m'appreniez à lire.
- Eh bien... Mieux vaut tard que jamais !
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