CHRONIQUE DOMINICALE DE LA VIE CULINAIRE...

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Les mots jalonnent mon existence depuis un paquet de décennies déjà. Ceux des autres comme les miens... Ma devise est fort simple, vivons heureux en attendant la mort. Et peu m'importe les ratures  [+]

Permettez que je me gausse jaune!
Hier soir, nous fûmes reçu à dîner pour bâfrer.
Après les salutations d'usage, les sourires en coin et les roucoulades entendues, nous primes place autour d'une table sans couvert.
Tiens, pensais-je sans trop m'y apesantir tout en le faisant remarquer à moi-même, peut-être s'agit-il là d'un nouveau concept acquitain visant à préserver l'effet de surprise ?
De bonne grâce mais un tantinet interloqué, je pris siège à mon cou avant de m'y installer.
Quand tout à coup, une barquette géante de rillettes d'oie plumée et un saucisson en érection débarquèrent parmi nous. La maîtresse des lieux, réajustant à la bonne franquette son chignon avant sa magistrale apparition, nous apprit alors que cette soirée serait placée sous le signe de la "charcutaille et du frometon". Nous voilà prévenus. Notre déjeuner sur le pouce du même jour étant composé de charcuterie et fromages, nous pouvions nous réjouir de cette continuité des plus rassurantes. C'est dans ces conditions pour le moins redondantes que nous ouvrimes notre bec pour mieux le refermer ensuite sur nos denrées cochonailles. J'écrasais pudiquement une larme à l'idée même d'arborer dès potron minet du dimanche une tonne de boutons sur la tronche, sensible qu'elle était à trop d'abondance de gras...
J'enrageais tout aussi discrètement d'avoir affirmé en amont auprès de mes acolytes mondains que la cuisinière hôte de ces lieux était un cordon sinon bleu, du moins au poil.
J'avais l'air malin en bougonnant entre deux tranches de pâté que l'on ne me reprendrait pas à pareille humiliation gustative...
J'avais passé l'âge de traverser tout Mérignac à pas d'heure pour me retrouver nez à nez avec une tranche de jambon, fut-elle fumée et pavée de bonnes intentions. Si encore l'on m'avait prévenu que la thématique du soir était pique-nique à volonté, j'eus ramené mon coutelas à crans multiples. Et ainsi, évité ma tenue de pingouin qui jurait quelque peu avec la barquette de rillettes qui trônait à mes côtés comme une piteuse dame de compagnie à qui l'on aurait appris qu'elle était en phase terminale, emmitouflée dans un film plastique pour ne pas rendre l'âme trop tôt dans la soirée...
Nous nous quittâmes bons amis mais mauvais mangeurs avant minuit, ne voulant pas perdre de surcroît mon mocassin à peine verni par ce repas servi sur le pouce. Paix à son miam!
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ALEXANDRIN33 · il y a
Merci Chantal!
Souvent écrit en partant de faits bien réels et autobiographiques, ces billets d'humeur deviennent incontrôlables!

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Utilisateur désactivé · il y a
Drôle et inattendu. J'aime bien cet humour décalé, à déguster en saucissonnant.

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