CHARITÉ BIEN ORDONNÉE COMMENCE PAR SOI MÊME

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« La charité n’est une vertu que dans la mesure où elle est un sacrifice » F. Van der BOSCH (aphorismes du temps présent).

Définition théologale, la charité ne peut trouver sa pleine signification que dans la foi, l’abnégation, le don de soi.
C’est la volonté intime, muette et spontanée d’un individu d'engager un processus de rapprochement en direction de personnes dont le plan d’évolution est fortement compromis.
C’est une âme généreuse qui éprouve de l'amour, de l’indulgence, de la compassion, de l'empathie pour son prochain.

Elle ressent le besoin naturel d’aller à la rencontre de l’autre. De tenter d’alléger ses souffrances et cela, sans en attendre la moindre reconnaissance, en retour.

Cependant, dans certaines structures dites caritatives et pour quelques uns de ses membres seulement, le positionnement social, à l’intérieur du groupe, ne l'emporterait-il pas, sur les bons sentiments ?
Ces personnes ne seraient-elles pas plus à la recherche d’une démarche élitiste et mondaine qu'à la simple et superbe main tendue ?
«Tel donne à pleines mains qu’il n’oblige personne, la façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne » (Le Menteur de Corneille).

Par suffisance ou intérêt, combien d’entre elles n'ont pas intégré ce milieu, sans nourrir l'espoir de s’y constituer un carnet d’adresses et donc, d’en tirer un profit personnel, avec en prime, la délicieuse bouffée d’orgueil que suggère l’action sociale, quand bien même, elle ne serait qu’illusoire ?

Dès lors qui de celles-là négligeraient d'accrocher au revers du veston l'épinglette tant convoitée, le signe de reconnaissance, l’identification discrète et néanmoins ostentatoire, le sésame de la réussite ?

Quoi de plus socialement correct que de rejoindre une nomenclature reconnue, pour se positionner publiquement sous le couvert de la charité et de la compassion !

N’y voient-elles pas le moyen de se constituer un réseau relationnel de choix dont, à plus ou moins brève échéance, elles pourront tirer profit, tout en se donnant bonne conscience ?

Pour cette minorité d'opportunistes, la solidarité humaine a ses limites et son schéma personnel n'est pas tant de s’apitoyer sur la condition de vie des autres que le besoin impérieux de se rassurer sur la leur !

Aujourd’hui, à plus de soixante-dix ans, alors que c’est pour beaucoup, l’âge de l’engagement caritatif, je m'éloigne résolument de ce milieu dit vertueux qui est l’image de tout ce qui désormais, me dérange.

Il est un fait que sous le couvert d’une cooptation complaisante ou permissive, l’intégration parasitaire de quelques-uns, nuit à l’action de tout le groupe, jusqu'à en dénaturer l’impact voire, à porter atteinte à la belle image qu’elle véhicule. Pour ces personnes, c’est le moyen plus que la fin ; c’est le rêve d’accession à la notoriété, jugée jusque-là improbable, mais dont elles entrevoient enfin, une issue prometteuse.

Pour elles, c’est le positionnement social élevé au rang d’institution, l’implication personnelle étant réduite à la portion congrue. C’est l’altruisme de salon, abordé sous l’angle à peine voilé de la supériorité, voire de la domination et dont la finalité non avouée sera d’intégrer un réseau professionnel et social choisi et cela sous le couvert d’une grandeur d’âme, certes illusoire, mais au statut désormais, incontestable.
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