Chaleur humaine

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Instants de vie d'une trentenaire! Impression de déjà vu, vécu, mes observations se transforment en émotions. Ça vous dit de passer un moment en ma compagnie? Ouvrez la porte(sans toquer)  [+]

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38 degrés à l'ombre, la touffeur de l'atmosphère me plonge en état de fièvre. Au cœur de l'Auvergne, se trouve un lac volcanique. Je décide d'aller faire baisser ma température sous cette chaleur ardente.
A peine arrivée, un sentiment de malaise m'envahis. Bien sûr, en cette saison, l'idée de refroidir son corps est celle de nombreuses personnes. Je me retrouve coincée sur une plage avec des centaines de chaudières vivantes collées telles des sardines prêtent à être grillées sur un barbecue géant.
Je me sens mal, quelque chose me dit qu'il faut que je parte mais j'ai tellement chaud! Ni une ni deux, je me déshabille, me fraye un chemin et me dépêche d'aller faire un plongeon car mes pieds se transforment en merguez. Je me sens de plus en plus hostile à cet endroit , il y a autant de monde dans l'eau frémissante. Le soleil me lance-t-il une alerte? Ses rayons me transpercent la peau comme si des dizaines de flèches embrasées m'incendiaient chaque centimètres de peau . Sous mes pieds, de petites bulles me chatouillent, j'essaie tant bien que mal de regarder au fond de l'eau mais la noirceur de ce lac me fous la chair de poule. La nuée de touristes me laisse peu d'espace, je suffoque. L'eau devient de plus en plus chaude et la moiteur de l'air laisse présager la sombre suite des évènement. Tout va très vite. Le lac s'assombrit de minutes en minutes. Je ne vois désormais que des troncs des différentes corpulences plongés dans un grand bain de cambouis. Des cris d'horreur se font entendre au loin et de la fumée s'échappe autour de moi.
L'eau bouillonne et nous sommes devenus les ingrédients à cuire dans cette énorme marmite. Le volcan sous l'eau s'est réveillé et je vais me consumer vive comme tous ceux autour de moi. Certains commencent à avoir des brûlures de partout, les hurlements deviennent insupportables. J'ai les pieds qui ne tiennent plus en place, je nage comme je peux, ma peau est à vif et une odeur nauséabonde de sang me plonge dans une mare de dépouilles en décomposition. Cette étuve me tue à petit feu. Ceux autour de moi se désagrègent avec ardeur dans ce gouffre de l'enfer. Quelques uns trouvent des rochers pour jouer avec le diable en tentant de se transformer en équilibristes afin d'échapper au brasier sous marin. Mon corps entier se remplit de cloques, de boursouflures, je fonds et tombe peu à peu dans ce puit obscur...
Mon âme se retrouve happée à jamais dans les profondeurs ténébreuses de ce lac assombri par tant de cadavres décharnés. En ce jour d'été flamboyant, la vague d'humains si étouffante a voulu provoquer en duel Mère Nature déjà si étranglée par la bêtise d'inconscients bipèdes.

De façon soudaine se déchaînent les éléments.
Transformant cette chaleur inhumaine en macabre aubaine.
Notre si belle nature nous fait signe, pour ne pas oublier
qui règne en maître en son domaine.
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