Chabadabada

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Pas besoin de sous Pour être bien Pas besoin de vin Pour être saoul D.A  [+]

Image de Eté 2016
Du velours. Ta peau, c'est du velours. Je passe ma main dans ton dos et je me dis « c'est à moi ». Je sais, c'est pas bien, je-ne-ta, tu-ne-ma, par-tiens-pas, chantait ce fou de Jacquot il y a déjà des années. Mais j'ai le sentiment que tu es à moi, et qu'en retour je suis tien.

Je n'ai pas beaucoup aimé, avant, tu sais. Ou pas bien. Mais avec toi ça va tout seul... Tu es mon évidence, ma préférence à moi, comme chantait le beau Julien il y a déjà un bon moment. Et tant pis pour les autres. Ces gens-là... aurait chanté Jacques qui se croyait laid et qui était lumineux comme un astre. On s'en fout, des autres. C'est nous, et nous seuls, qui comptons. Tu as la peau douce et j'ai des mains de bûcheron et on s'aime.

Là, c'est les vacances. On en profite. Longues nuits, longues siestes, le tout pas très reposant. Alors loooongues grasses matinées. Et puis balades, et la main dans la main, et les yeux dans les yeux, comme disait la jolie Françoise autrefois. C'est doux, c'est fort, c'est l'amour. Je connaissais pas. J'adore.

Je ne sais pas comment j'ai pu te plaire... Il y a une telle différence entre nous deux. Comme si on arrivait de deux mondes éloignés. Ta beauté, ma laideur. Ta délicatesse, ma rugosité. Mais peut-être dans nos yeux le même éclat... Nos regards se sont croisés, accrochés, soudés. Et la nonne aima le brigand, conclurait Georges en plaquant un accord de guitare. Même si je ne suis pas vraiment un brigand et toi pas du tout une nonne.

On se promène au bord de la mer. On respire le même iode, les mêmes embruns. Tu fredonnes comme Michel : « et quand les vagues étaient tranquilles, on passait la journée aux îles ». De temps en temps, le bonheur me coupe le souffle. Je fais semblant de rien, tu ne t'en aperçois pas. Je me demande comment j'ai fait pour survivre, avant toi. Pour moi, tu es un miracle et je remercie le ciel chaque jour. Quel que soit son locataire.

Hier, on se tenait par la taille et on regardait les vagues de la grande marée se pulvériser sur la jetée. De petits flocons d'écume nous atteignaient parfois, nous faisant rire bêtement.
Soudain une voix méprisante a fusé derrière nous.
« Pédés ! »
Le même mouvement nous a fait tourner la tête vers le cycliste qui disparaissait déjà. Même son dos était une réprobation. Nos yeux se sont croisés, on a ri et on s'est embrassés.
Parce qu'on ne va pas gâcher un bonheur tout neuf, et qu'on a décidé de vivre, comme aurait dit le grand Georges « ...en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes ».

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