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Je la sens, tout contre moi. Elle est froide. Non pas que ça ne me dérange, je le suis aussi. Mais sa main est plus froide encore, contre mon torse. Et pourtant j’ai chaud, là, dans le bas du ventre. J’ai l’impression que ça va trop vite. Les pensées s’enchaînent, les images aussi. Puis vient la censure. Ses lèvres, humides, qui recouvrent les miennes. Panique. Il n’y a plus que son air, dans ma bouche. Elle glisse une jambe entre les miennes, ça devrait m’exciter. Elle s’introduit en moi, sa langue. Inquisitrice. Comme ses mains qui courent sur mon corps, qui caressent et flattent chaque muscle qui se tend à leur contact, comme autant de décharges électriques. Je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à son excroissance gluante qui pénètre ma bouche. C’est comme si elle avait mis un voile, dans ma tête. Quelque chose ne va pas. Elle me pousse sur le lit, brutalement, et me jette le regard du prédateur à sa proie.
Je le sais, maintenant. Je sais ce qui me dérange. Elle est belle, nue - ou presque -, avec sa culotte en dentelle, ses formes légères et fermes, empreintes de jeunesse. Elle est désirée, par tous. Elle baisse mon maillot de bain, monte sur mes jambes. Mon corps me crie de le faire, dans sa muraille d’immobilité, alors que mon entrejambe lui offre déjà ce qu’elle n’aurait jamais dû avoir. Peut-être que j’ai envie, finalement. Après tout, c’est juste l’affaire de quelques minutes. Ça passera plus vite si je ne dis rien. Et je n’ai rien dit. J’ai même gémi. “Pour elle”, bien sûr. Pour lui faire croire que ce qu’elle faisait était génial. Que ça me faisait plaisir. Pour qu’elle ne continue pas plus longtemps. Pourquoi j’ai fait ça ? Elle m’a pris, ce soir. Je devrais être heureux. Je devrais être fier. J’ai couché avec ma copine - ou plutôt, elle a couché avec moi-. Ça y’est. J’ai rejoint le “club” de ceux qui ne sont plus puceaux. Tout le monde la veut, je ne devrais pas faire le difficile. Elle s’affale, à côté de moi, son bras autour de ma taille, son rôt derrière ma tête et sa jambe, à nouveau, entre les miennes. Et elle s’endort. Et elle ronfle. Et moi je reste là, immobile et muet, incapable de trouver le sommeil. Je la pousse, dès qu’elle a les yeux fermés. C’est comme si ses bras sortaient du four. C’est comme si elle le faisait encore, à chaque contact. Je n’ai pas dit non. J’ai même joué son jeu. Après tout, je suis aussi coupable qu’elle. Et j’ai bandé. Bien sûr, que j’ai bandé.
Alors pourquoi est-ce j’ai envie de me réveiller, à des kilomètres d’ici ?
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