Cercle vicieux

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Un texte c'est comme une vie, il naît, il grandit mot après maux, il vit à travers ses lecteurs et il s'achève brutalement par un point final. Mais un bon texte c'est comme une bonne personne, il  [+]

Je veux me sentir seule, j'ai besoin de m'isoler. Mais vraiment, je ne veux pas simplement m'enfermer chez moi devant la télé. Je veux sentir qu'il n'y a que moi. Je prends mes clefs, monte en voiture et prend le large. Où je vais ? Qu'importe tant qu'il y a une route devant moi. A la radio on entend « Renegades » de X Ambassadors. La musique parfaite pour moi aujourd'hui. Un panneau m'indique une sortie d'autoroute. Est-ce que je la prend ? Je décide que oui, visiblement un peu tard à en croire la cacophonie de klaxons qui saluent mon départ. Ou suis-je ? En réalité cette question m'importe peu parce que je viens d'apercevoir l'endroit parfait. Je me gare et descend de la voiture. Et soudain je suis bien. Ici les traces de pas sont effacés par la mer, comme si elle ne voulait garder aucune trace de notre passage. Elle est là, face à moi, et dans son immensité je me plonge pour oublier un temps les problèmes des hommes et ne songer qu'à la beauté du spectacle qui s'offre à moi. Il est tôt, trop tôt pour les hommes. Je suis seule à admirer ce tableau. Le soleil levant se reflète sur la mer, les vagues se déchaînent, la nature est plus terrible et plus resplendissante que jamais. Je n'ai pas ma place ici et pourtant je vole ces quelques secondes au temps pour garder cette image en moi. Celle d'une nature qui reprend ces droits tandis que moi, petite souris, contemple le vaste monde.

Je jette un dernier coup d’œil à mon salut et m'en vais alors qu'un couple marche main dans la main. Je ne veux pas rentrer. Pas tout de suite. Je repars vers le sud bien décidée à profiter encore un peu de cet écart hors du temps. A la nuit tombée je m'arrête devant un hôtel quatre étoiles. Je réfléchis une seconde et me dis qu'après tout on ne fait un voyage comme ça qu'une fois dans une vie. J'entre et l'hôtesse me regarde de haut en bas visiblement consciente que ma place n'est pas ici.

- Puis-je vous aider ? Me demande-t-elle d'un ton condescendant.

- Je voudrais une chambre pour la nuit.

- Et bien il nous en reste une qui peut sans doute entrer dans votre budget, me dit-elle avec un petit sourire narquois.

- Vous êtes gentille, mais je voudrais une suite s'il vous plaît.

Elle me regarde suspicieuse mais me tend malgré tout une clef. Je me dirige vers l'ascenseur en essayant d'avoir l'air le plus digne possible. Une fois à l'intérieur je m'écroule.

- Stupide ego ! C'est plus le découvert qui te pend au nez ma grande mais l'interdit bancaire. Idiote !

Je continue à me sermonner jusqu'à ce que j'ouvre la porte. S'il existe un Paradis je l'ai sûrement trouvé. Le lit fait presque la taille de ma chambre, on peut se laver à cinq dans la douche mais surtout, sous l'oreiller le Graal. Un carré de chocolat comme dans les films. Je me jette sur le lit puis cours me faire couler un bain moussant. Le temps passe vite dans un endroit pareil et avant même que je m'en rende compte il est l'heure de partir. Au moment de payer le moral retombe, il va falloir que je retrouve du travail et vite. Je remonte dans ma voiture qui devrait être réparée mais je n'en ai désormais plus les moyens. Le moral est à zéro et je décide donc de poursuivre le voyage jusqu'au prochain hôtel...
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