Cerbera

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Il est là, le bonheur, dans l'odeur des nouveaux jours. Il est l'orpheline que je suis et que je resterais toujours. Une envie de géant, d'un coup de maître : devenir l'adulte, qu'enfant on a  [+]

Le bitume trépasse sous les râles de ta Cerbera. Tu conduis vite. Comme toujours. Cependant, tu conduis avec aisance et souplesse : je trouve ça élégant. Le ciel est assorti à la carrosserie de l'animal de fer : Noir. Nos trajets ont chaque fois le goût de la fuite. Ce soir, nous partons consommer nos corps et nos esprits...en fugitifs, toujours. Cette fois encore, je brûle de pars en pars. La passion s'empare de moi, tout va très vite. Je me sens en vie. J'ouvre une fenêtre et je laisse le vent déchirer mon visage d'enfant. Mes idées semblent cogner aux paroies de ma boite crânienne et c'est comme si tout se mélangeait, si fort que je ne peux plus penser, ni réfléchir, seulement ressentir, exulter. C'est le but de toute vie : Être sans avoir à y penser. On incarne le bonheur ou la victoire mais on ne les saisis pas.
Je te regarde, tu es silencieux. Tu monte un peu le son d'un album aussi vieux que moi. Je ferme la fenêtre. La musique exacerbe mes émotions et c'est ainsi que je médite sur ce sentiment délicieux de vivacité qui enlace simultanément cette envie irrépressible de mourir. Oui, mes lèvres, si on les regardaient de près, semblaient marmonner quelques prières sinistres. La voiture s'emballe dans les virages, ça secoue mon coeur mais il est bien accroché. Tu semble posséder, ne faire qu'un avec cette machine de démence. J'aime beaucoup ta Cerbera, je lui chuchote des invocations : "s'il te plaît, je voudrais que tu nous assassines et ressentir ainsi nos jouissements communs comme une délivrance".
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