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Ce soir, tu vas mourir

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« Ce soir, tu vas mourir » lui dit la petite voix. « Ton beau corps de jeune capitaine de gendarmerie ne sera plus qu’un amas de chair se vidant de son sang ». Il paya son sandwich et son coca au comptoir de la cafétéria d’autoroute, puis rejoignit ses hommes. « Ça va mon capitaine ? Vous êtes tout pâle ». Les mots du lieutenant cheminaient péniblement jusqu’à son cerveau. « Ça va, merci lieutenant ».
Il la connaissait bien cette petite voix, depuis le jour de son enfance où elle lui avait annoncé la mort de sa grand-mère adorée. Il toucha la crosse de son Sig Sauer de service. « Avec toi, ils ne m’auront pas ! ».
La pause repas s’achevait. Les hommes se levèrent et se dirigèrent vers les véhicules bleus alignés au cordeau sur le parking. Le convoi reprit la route de Paris, où une mission de sécurité très sensible attendait la compagnie. Le soleil brillait ardemment. Pas l’ombre d’un nuage dans le ciel. Le convoi roulait à bonne allure sur l’autoroute qui serpentait au milieu de la campagne. Le jaune vif du colza rivalisait avec le vert éclatant de la luzerne. Le vert tendre des primes feuilles des bosquets, des remises à gibier et des forêts enivrait les yeux.
Une implacable nostalgie saisit le capitaine. « Allons, ressaisis-toi. Foin les états d’âme. Tu seras à la hauteur de ta mission ». Lorsqu’ils franchirent le boulevard périphérique pour se rendre au cœur battant de la capitale, la soirée s’annonçait très belle.
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