Candidat à l'exil

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Auteur de six manuscrits en vente sur le site Amazon -Trafic sans Escale 06/2016 -Wanted 04/2017 -Un indigène dans la Carlingue 06/2017 ->Une ligne de trop 01/2018 -Alliance douteuse -Angel  [+]

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Image de Très très courts
Juillet 2018, centre- ville de Tanger, confortablement installé à la terrasse « chez Rachid », Mohamed un ressortissant français goutte au plaisir de la bonne chère.
La mendicité est au Maroc, comme dans beaucoup de pays africain une chose commune, des clandestins pour la plupart se livre à ces méthodes, c’est ainsi qu’un grand noir aborde notre ami :
—Une petite pièce pour manger s’il vous plait.
C’est vrai que le pauvre bougre, n’a que les eaux sur la peau, et Mohamed est sensible aux turpitudes, que ces candidats à un soi-disant eldorado traversent, il invite gentiment cet inconnu à partager son repas, ce dernier ne se fait pas prier et s’installe, Mohamed l’observe il avale goulûment la nourriture, il lui dit :
—Mange doucement, d’où viens-tu quel est ton nom moi c’est Mohamed ?
La sauce dégouline sur son menton, il s’essuie d’un revers de manche, et poursuit :
—Olivier je viens du Cameroun, Yaoundé plus précisément.
—Ce n’est pas la porte à coté, tu as traversé plusieurs frontières quel courage.
—Pour fuir la misère, on est près à tout, rien ne peut nous arrêter à part la mort.
Par curiosité Mohamed, lui demande sa destination, même s’il connait la réponse :
—Tu comtes t’installer au Maroc ?
Il ricane et répond :
—Bien sur que non, même si je végète ici depuis un mois, ma destination c’est la France.
—Tu n’as pas trouvé de passeur, si je comprends bien, à moins que le problème ne soit financier, ces charognards profitent de la situations.
Olivier se tient la tête et entreprend :
—Des économies de plus d’un an, des petits boulots sur les chantiers, pur un salaire de misère à peine 90 euros, j’ai pu négocier 1700 euros la traversée sur un bateau de fortune, le départ est dans deux jours.
Mohamed tente de le dissuader et lui raconte :
—Tu sais je vis en France, à Toulouse, j’ai soixante ans, plus de quarante ans de galère en intérim de boite en boite des boulots pénibles, mais j’accepte, bientôt la retraite, la France es un pays en déclin, une dette colossale deux mille milliards d’euros, les français notamment l’extrême droite mettent la faute sur l’immigration, nous sommes des boucs émissaires, la situation fait monter le racisme, reste ici, ce voyage est périlleux, on surnomme le détroit de Gibraltar le cimetière marocain.
Olivier ajoute :
—J’ai aussi le droit d’exister, qu’importe le danger.
—Exister, mais à quel prix si tu parviens à passer, il faudra encore échapper à la Guardia, les droits de l’homme c’est dépassé, l’asile n’est pus d’actualité ou seulement en apparence, la crise économique, et les risques de guerres poussent les dirigeants dans leurs retranchements.
Olivier s’interroge :
—Mais toi comment est tu passé ?
—Je suis rentré en France en 1974 caché sous le siège arrière de la voiture de mon oncle, j’ai aussi eu mes galères Valéry Giscard d’Estaing tenait le pays de main de maître, les expulsions et les opérations coups de poing étaient redoutées, mais je suis tout de même parvenu à trouver ma place, j’ai obtenu la nationalité française avec l’arrivée de François Mitterrand.
Des informations qui laisse perplexe Olivier, mais qui le conforte, dans ses objectifs en ajoutant :
—Tu es parvenu à tes fins, je peux aussi le faire, merci pour tes conseils.
Olivier reprend sa route Mohamed lui souhaite bonne chance.
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