Cancer du sein : le jour d'après

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Vendredi 14 octobre 2016, comme tous les deux ans, je me rendis à la clinique afin d’effectuer une mammographie de contrôle. Pressée de revoir ma fille qui devait rentrer de l’internat, je me demandai : « Pourquoi y aller ? Ils ne me trouvent jamais rien, et puis franchement, il n’y a pas de cancer du sein dans la famille, donc je n’ai aucune raison de l’attraper ». Une femme arriva au bout d’un quart d’heure d’attente et m’invita à me rendre dans une salle afin de me mettre torse-nu. Pudique, malgré mon corps non mutilé, je retirai timidement mon pull, mon tee-shirt et mon soutien-gorge en dentelle. Puis, j’enlevai ma chaîne en or où y était accrochée la déesse protectrice « Isis ». Ainsi, à moitié nu, les bras croisés sur ma poitrine, j’admirai dans le miroir la longueur de ma chevelure que je laissais repousser depuis deux ans. J’étais heureuse et plus rien ne pouvait m’arriver. Lorsqu’une femme me demanda d’entrer da la salle des mammographies. Je la suivis timidement et la laissa effectuer le clichés de mes seins qui se faisaient écrasés par la machine. «  Je ne vous fais pas mal ? » Me demanda-t-elle, « Arrêter de respirer ! Respirez ! » . Je ne répondais rien, je me disais « comme j’ai de la chance d’être en bonne santé et de n’avoir qu’un seul examen par an ». Les clichés étant effectués et ma poitrine étant complétement martyrisée par cet examen, je fus reconduite dans la pièce où j’étais précédemment. L’attente des résultats parut longue, mais j’étais persuadée, comme je n’avais aucune douleur, que je n’aurai rien et que je repartirai comme les autres années. Le week-end allait enfin commencer. Fâcheusement, on me réinvita à refaire des clichés. A cet instant, je me suis dit «Oh là ! Ce n’est pas bon ». Et c’est repartit pour me faire écraser une deuxième fois la poitrine. Puis, j’attendis les résultats. Ce moment me parut une éternité. « Non, ce n’est pas possible, ce ne doit être juste qu’un cliché qui avait été mal fait parce que j’avais bougé et rien d’autre », pensais-je. Soudain, la femme médecin au visage paniqué et gêné m’invita à faire l’échographie de mes seins encore meurtrit par l’écrasante machine à clichés. Cette jeune femme me dit tout en balayant rapidement son outil d’écho sur ma poitrine : « Les mammographies, ça sert à trouver ce qu’il ne va pas ». Puis elle n’osa plus parler. Cet à cet instant, que je compris que le cancer m’avait attrapé tel un crabe avec ses pinces. Mais pourquoi cela ? J’ai 44 ans et une fille de 15 ans. Je ne fume pas, ne bois pas, ne m’expose pas au soleil, ne suis pas en surpoids et je suis sportive ! Sans dire un mot, on m’accompagna à l’accueil pour prendre au plus vite des examens complémentaires : macro biopsie, micro biopsie, évidemment deux seins différents donc deux examens différents, gynécologue, médecine nucléaire, chirurgie, cancérologue...A la fin de toutes ces prise de rendez-vous à caller en fonction de mes heures de travail, je demandai d’une voix monotone combien devais pour cette consultation. L’assistante me répondit d’une voix complaisante : « Rien du tout, madame ». Moi qui me disais les années avant ce jour fatidique que je ne voyais pas pourquoi je payais la consultation puisqu’ils ne me trouvaient jamais rien, je pensai alors «et bien je préfèrerais payer la consultation et être en bonne santé ». Encore abasourdie par cette nouvelle, je remis mon manteau, pris mon satané dossier médical et sortis de la clinique tél un robot. Je regardais les gens courir, se dépêcher, mais après quoi couraient-ils ? La mort ? Puis j’observai alors une allée bordée d’arbres aux branches magnifiques que les rayons du soleil transperçaient. Combien de temps pourrais-je encore admirer la couleur de l’automne qu’offrait l’été indien ? Il ne me manquait plus que cela, choper un cancer. Mes relations dans le travail, dans ma famille, avec mes amis et surtout avec ma fille ne seront plus jamais le mêmes. Comment allais-je leur annoncer cette nouvelle ? Combien de temps me restait-il à vivre ? Vais-je survivre à cette maladie ? A quel stade en étais-je ? Tout s’écroula autour de moi et je me rendis compte de l’importante et de la beauté de la vie qui est si courte. Il fallait que je vive au moins jusqu’à la majorité de ma progéniture. Ce jour d’après me confia une mission, un but à atteindre «  fleurter avec la mort tout en la combattent afin de pouvoir rester sur terre. Vivre tout simplement».
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Tess Benedict · il y a
Touchée par votre témoignage. Il ressemble à beaucoup d'autres sur ce site, mais se focalise sur le moment crucial de l'annonce de la maladie et toutes les pensées qui viennent à l'esprit à ce moment là. J'ai moi aussi écrit un texte sur ce thème, intitulé L'attente.
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Armelle Garcia · il y a
Très émue par votre témoignage. Vous avez été très courageuse pendant ce combat, j'admirais votre force que quotidien. Restez comme vous êtes et continuez à profitez des petits plaisirs de la vie comme vous savez si bien le faire.
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odile Grumler · il y a
Bravo pour ton combat , Angélique,et j apprécie ainsi que Bernard ta bonne humeur et ta joie de vivre.
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Lucile Salomon · il y a
Très très jolie
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Françoise Desvigne · il y a
Angélique, très joli prénom prometteur, mon soutien pour cette touchante histoire ;-)
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Tnomreg Germont · il y a
"Vivre tout simplement"! Tout est dit - mes 5 voix
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Keith Simmonds · il y a
Mon soutien pour cette œuvre émouvante qui prône la confiance en la vie devant le combat contre le cancer du sein ! Une invitation à venir soutenir Katherine la Combattante dans sa lutte courageuse et acharnée contre l’épouvantable maladie du cancer du sein. Mes remerciements d’avance !
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/katherine-la-combattante

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Maia ROCA · il y a
J'ai trouvé ce texte particulièrement émouvant ! Il serait bon cependant de corriger les fautes d'orthographe avant de mettre en ligne, la lecture devient moins aisée...