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Camille

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Mememomo

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Camille avait vingt-deux ans, des yeux bleus, une épaisse chevelure blonde et une jolie silhouette. Depuis près de deux ans, elle travaillait dans une agence immobilière. Camille s’était passionnée pour ce métier et elle avait de l’ambition. Dans quelques années, elle créerait sa propre agence et se spécialiserait dans les très belles propriétés. Pour le moment, elle apprenait toute les subtilités de la vente. Elle savait que, le moment venu, son père l’aiderait.
Depuis peu, elle avait fait connaissance de Rachid. Rachid avait un an de plus qu’elle et était employé dans une filiale de l’agence de Camille. Il remplaçait une collègue partie en congé maternité. Camille et Rachid s’étaient tout de suite bien entendus. Lui aussi souhaitait pouvoir s’établir à son compte. Lui aussi pensait que viser le haut de gamme était beaucoup plus stimulant. Ils avaient commencé à sortir ensemble. Malheureusement, dans la petite ville où ils habitaient, on ne pouvait garder aucun secret et le père de Camille avait appris que sa fille fréquentait un type sans le sou, et pour tout arranger, de nationalité étrangère.
« Pas du tout, avait répondu Camille. Il est français et ses parents aussi. Ce sont ses grands-parents qui sont algériens.
-Je t’interdis de voir ce garçon. C’est un va-nu-pieds. Si tu continues, je te coupe les vivres. »
Camille avait beau travailler, son salaire n’était pas mirifique. Son appartement, sa voiture, ses vêtements de marque, c’étaient ses parents qui en payaient la plus grande partie. Après tout, son père dirigeait une grande entreprise et elle était leur seule enfant.
Camille pleura, jura à Rachid qu’elle ne l’oublierait jamais mais elle coupa les ponts avec lui dès qu’il retourna dans son ancienne agence. Elle était un peu triste et elle se consola en sortant avec ses amis. C’est ainsi qu’elle retrouva Florian : ils étaient allés dans le même lycée puis ils s’étaient perdus de vue. Le père de Florian était cardiologue, sa mère pédiatre et lui-même envisageait une carrière de chercheur à l’institut Pasteur, de préférence. Rapidement, les deux jeunes gens se fiancèrent et on décida de la date du mariage. Le père de Camille était très fier de cette union. Quelques jours avant la cérémonie, il conduisit sa fille chez le notaire.
« Je vais te constituer une dot, déclara-t-il. Tu ne dois pas arriver les mains vides dans cette famille. De plus, si jamais, il arrivait quelque chose à ton mari, tu ne serais pas sans rien. »
Camille remercia chaudement son père, sourit et signa le document qui la rendait propriétaire d’une fort jolie somme d’argent.
Le jour du mariage, un samedi, il faisait un temps radieux. Florian attendait devant la mairie que sa fiancée veuille bien faire son apparition.
Elle ne vint pas. Elle avait laissé un mot pour ses parents :
« C’est Rachid que j’aime. Merci, Papa, de m’avoir constitué une dot si généreuse. Elle nous sera bien utile pour nous installer. »

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