Café de Midi

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Une fois installé à la seule table non dressée pour le déjeuner, une fois le sac posé sur la chaise à côté, la cigarette déjà allumée, on peut, d’un seul coup d’œil, se rendre compte que toutes les nappes sont à carreaux rouge et blanc. Le coton est épais, fraîchement lavé.

Sur chaque table, un petit vase enserre quelques fleurs de plastique et partout, le trio sel, poivre, huile.
Il fait noir où plutôt c’est l’impression que donnent les boiseries marron foncé car dehors la lumière s’enhardit, talonnée par la chaleur. Il fera encore orage avant la fin du jour. Rien ne tient.

« Deux cafés, s’il vous plaît. »

Concordance parfaite : le journal qu’il vient d’acheter atterrit sur la table en même temps que les tasses.
Bruit du papier qu’on déchire pour en retirer un puis deux morceaux de sucre. La cuillère tourne. Il parle, de tout, de rien, lentement, accordé au temps appesanti du restaurant engourdi.
Ce sont les derniers instants, les derniers gestes partagés, les ultimes paroles, les regards déjà différents, à peine échangés.
Après, il n’existera plus car elle voit déjà l’autre en lui. Celui du futur, celui qui ne flottera plus entre la post-nuit et celle à venir. Il ne sera que jour et clarté. Dommage et tant mieux.

Il est des résignations enchanteresses.




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