Bulle ou le chant de la vie

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C’est une belle matinée ensoleillée, la journée promet d’être chaude et aucun nuage ne masque l’horizon. Petits et grands attendent impatiemment le premier jour des vacances. Mais quel est ce paquet tout près de la route ? Une dame est intriguée par la curieuse présence de ce carton fermé. Sitôt arrêtée, elle descend de sa voiture et, sans couper le moteur, se dirige à grandes enjambées vers ce qui occupe maintenant toute son attention. Très vite, elle entend des petits cris déchirants. Avec délicatesse, elle ouvre et... Surprise ! Quatre chatons se trouvent à l’intérieur. Les pauvres sont en bien mauvais état et parviennent à peine à bouger. L’un d’entre eux, un chaton tout noir, semble plus mal en point que les autres. Sans attendre, elle referme doucement le carton. Pauvres petits, nous devons tenter de les sauver.

On met rapidement les chatons amaigris et fatigués dans une pièce étroite. Eux qui hier encore tétaient leur douce maman, appellent de toute leur force. Pas de réponse. Où est-elle ? Ils n’ont même pas eu le temps de lui dire au revoir. La dame est partie elle aussi. Mais qui sont ces autres personnes ? On les pèse, on les retourne, on les examine. Le petit chat noir n’a même plus la force de pleurer. Paniqué, il ne bouge pas. Une aiguille se rapproche de lui et le pique. Aie ! Le petit chat, épuisé, étourdi, commence à fermer les yeux. Un dernier effort... Maman... Ses petits yeux s’ouvrent à nouveau puis se referment doucement, le petit ne trouve plus la force de lutter et s'endort profondément.

Les heures, les jours se suivent et les chatons reprennent peu à peu des forces, ils peuvent maintenant se hisser sur leurs pattes comme des grands. Le petit chat noir a lui aussi repris un peu de ses forces et commence à chercher les caresses de ces gentilles personnes qui viennent souvent s’occuper de lui. Puis c’est le jour du départ. Les chatons sont mis dans une cage. En route vers l’inconnu. Mais le voyage est de courte durée, la cage s’ouvre très vite dans une pièce plus spacieuse, le chaton noir sent un vent frais parcourir son petit corps encore frêle. Les cloisons grillagées sur trois côtés offrent un accès à l’extérieur et, pour la première fois, il dépose ses pattes sur un sol moelleux et verdoyant. Il y a beaucoup d’autres chatons ici.

De nombreux visiteurs s’enchaînent. Certains reviennent et d’autres s’en vont avec un petit chat, vite remplacé par un nouvel arrivant. Le chaton noir ronronne, se frotte et joue de séduction auprès des visiteurs. Mais lorsque ces derniers le regardent, notre petit chat noir entend ces mêmes mots: malheur, noir, peur. Qu’est-ce que cela veut dire ? Ses frères et sœurs partent vite et de la fratrie ne reste bientôt plus que lui. Les semaines passent, interminables. Le chaton noir commence à perdre espoir. Personne ne veut de lui. Il devient ami avec quelques pensionnaires, parfois roux, souvent noirs eux aussi, car il est plus facile de se lier d’amitié avec ceux qui restent plus longtemps. Ses bienfaiteurs l’ont prénommé Bulle et viennent souvent le caresser.

Un jour, deux nouveaux visiteurs font leur entrée et le regard de l’un d’entre eux s’attache à Bulle. Hésitant un moment, le chaton s’approche doucement, comme hypnotisé par les douces paroles du visiteur. Les caresses, les câlins, les baisers figent le temps et pansent doucement les blessures de notre Bulle, qui commence à oublier ses mésaventures. Puis on lui chuchote à l’oreille, accompagné d’un regard plein de tendresse : « plus personne ne t’abandonnera maintenant, je t’en fais la promesse ». Au moment de partir, Bulle lance un ultime regard à ses amis. Un jour sera votre tour, ne perdez jamais espoir.


À notre Bulle de douceur et à sa robe ébène, à sa gentillesse sans pareille et à tous ses compagnons d’infortune qui attendent encore la rencontre avec leur famille pour la vie.
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