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Brouillard sombre

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Maëva Dépalle

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Cela faisait plusieurs mois qu’une entreprise privée pharmaceutique était installée sur la planète R45T300. Elle souhaitait prendre le monopole d'une algue bleu-vert qu'on ne trouvait que sur ce monde marécageux. C'était une course contre la montre, car ils avaient découvert que cette plante, la Lapigyfère, pouvait soigner l’asthme, mais surtout le cancer du poumon. Le problème se trouvait sur le sol inamical. Ce qui obligeait l'entreprise de créer des bâtiments en hauteur, dans les branches d'arbres, à plus de 80 m de haut. Ce qui donnait le vertige à Frédérique à chaque fois qu'il circulait sur les passerelles. Actuellement, il essayait d'en traverser une le plus vite, on l'avait appelé pour se rendre en urgence au centre de recherche. Il espérait qu'on allait lui annoncer une bonne nouvelle. Ça lui remonterait le moral, il donnait sa vie à son travail. De toute façon, il n'avait que ça maintenant. Arrivé devant le bâtiment, les portes s'ouvrirent devant lui. Il continua son chemin en direction du laboratoire de ses collègues. En entrant dans la pièce, il vit la mine en colère d'Etienne et celle de Corinne triste. Il comprit ce qui venait de se passer. Ça avait encore échoué.
-Ce n'était que la 643ème tentative, on y arrivera la prochaine fois, dit Frédérique.
-Plus exactement 837ème fois, s'énerva Etienne, on n’y arrivera jamais.
-On doit être sur la bonne voie, avant que je parte tout se passait bien, positiva Fred.
-Dès qu'on a essayé d'extraire la molécule, l'algue est devenue tout sèche puis elle est morte, justifia Corinne.
Il s'assit sur un tabouret. Il devait trouver une idée, cette plante restait un mystère pour eux. La seule chose qui se savait sur la Lapigyfère, venait d'aventuriers, qui en la mangeant, avaient découvert les bienfaits. Hélas, elle n'avait pas survécu au voyage sur terre. D'où la raison d'une équipe de chercheurs et d'explorateur sur R45T300. Au départ, il pensait qu'en consommant la plante ça suffisait. L'ennui est que si on la consomme trop, on détruit son estomac. L'algue était extrêmement acide. Après diverses expériences, ils découvrirent qu’en inhalation, elle gardait ses propriétés réparatrices, et était même plus efficace sans être nocif pour l'humain. Mais malgré cette découverte, les problèmes continuaient de s'accumuler. Il fallait une énorme quantité, sauf qu’ils n’arrivaient pas à la cultiver. Ils avaient beau l'étudier, ils ne comprenaient pas ce qui manquait pour qu'elle se développe au lieu de mourir. Pourtant, elle se développe parfaitement bien à l'état sauvage. Il devait l'examiner dans son milieu, mais c'était impossible. Rare sont les explorateurs qui s'en sortait vivant des excursions dans les marécages. Et la cause était l'apparition d'une brume extrêmement opaque, où on ne voyait même plus ses pieds. Certains explorateurs mourraient, car il ne voyait pas les dangers des lieux, mais aussi a cause de la fièvre rouge que provoquait la brume. Presque personne ne survivait à cette fièvre, la victime commençait par avoir de la température, puis il devenait tout rouge, et ça se finissait par du sang qui sortait des oreilles et de la bouche, une fois, une personne avait même pleuré du sang. Ça hantait les nuits de toute personne qui avait vu les effets de la fièvre rouge. Heureusement, elle n'était pas contagieuse. Le seul moyen de l'attraper était d'être en contact avec cette brume. Qui apparaissait sans aucune logique, elle se levait à n'importe quelle heure, jour comme nuit. Et elle ne se limitait pas à une zone géographique. C'était n'importe où, n'importe quand. La meilleure hypothèse pour le moment de sa provenance, venait du noyer de la planète et sortait par des crevasses, qu'on ne voyait pas.
-Je vais demander qu'une équipe d'explorateur parte l'examiner sur le terrain, affirma Frédérique.
-Ils ont aucune connaissance en botanique, ce sont des brutes, ronchonna Etienne.
-Ils ne voudront pas. Ils ont en marre de risquer leur vie pour quelque chose qui ne comporte aucun résultat, opposa Corinne.
-Alors, j'irais sur le terrain.
-Tu es fou !
-Tu ne peux pas.
Fred regarda ses camarades qui s'étaient exclamé en même temps. Sa décision prise, il sortit sans prendre en compte les protestations de ses homologues. Et se dirigea vers les habitations. Quand il arriva devant la porte, il frappa, d'abord doucement, et n'ayant pas de réponse, il fit plus fort. Un grognement lui répondu, et la porte s'ouvrit. Il rentra, et chercha le vieil homme. Il se trouvait à son bureau en train d'écrire.
-Que me vaut votre visite à une heure aussi tardive dans la nuit ?
-Je souhaiterais qu'une organiser une exploration Marius, pour étudier la Lapigyfère.
Un grognement réprobateur lui répondit, au bout d'un moment, il se retourna et lui jeta un œil dur.
-On dirait que ça ne vous fait rien qu'on meurt pour quelque chose qui ne marche pas.
-Bien au contraire, d'où la raison de ma venue maintenant. Car je souhaite être du voyage.
La surprise se lit sur le visage de l’explorateur.
-Êtes-vous conscient du danger ?
-J'ai pris ma décision en toute connaissance de cause. Il faut que les recherches avancent, on a besoin de réponses. Et le seul moyen, et que j'aille l'étudier dans son milieu naturel.
-Bien, je vais faire le nécessaire demain.
-Je veux qu'on décolle demain matin.
-Bien, alors je m'y emploie immédiatement. On se retrouve à 9 h.
Frédérique sortit de chez Marius pour prendre la direction de chez lui. Il fallait qu'il prépare ses affaires, il avait certains effets personnels qu'il ne devait pas oublier, dont des tubes pour faire des prélèvements, un cahier et un critérium pour des prises de notes, une boite de préservation pour transporter les algues récupérées, un masque d'oxygène, et évidemment des vêtements. Une fois qu'il eut fini, il dormit un peu. Le lendemain, quand tout le monde fut près, ils descendirent. Fred était rongé par la peur, mais suivit ses cinqs compagnons de voyage. Il avait pour consigne de ne pas s'éloigner. Mais n'ayant pas confiance envers les autres, il préférait rester avec Marius. Le vieil homme était un homme de parole, d’honnête et de doux, malgré son côté bourru, grognon. Tout le monde était sur ses gardes, guettant le moindre signe de brume naissant, ou encore le son grave et bas, qui faisait penser à un vrombissement de cheminée de bateau, on l'entendait toujours avant qu'elle n'apparaisse. La tension était palpable au sein du groupe, ça faisait plusieurs heures qu'ils marchaient à la recherche de l'algue. Quand d'un coup ce fameux son se fit entendre, de quoi vous glacer le sang juste en l'entendant. Frédérique n'avait jamais entendu de bruit aussi effrayant, ça résonner jusque dans ses os. Il se figea sur place, ainsi que tout le monde. Chacun regardait dans tous sens pour voir où elle allait charger, et courir dans le sens opposé.
-Brume au sud-ouest, cria quelqu'un.
Tout le monde se mit à courir dans le sens opposé ce qui était dure dans un marécage. Surtout quand l'eau vous arrivez jusque vers les hanches. N'arrivant pas à suivre, Frédérique perdit de vue l'équipe. En se retournant, il s’aperçut que la brume se trouvait presque sur lui, la sueur lui dégoulinait du front. La panique l'envahissait. Il sortit son masque à oxygène et plongea dans l'eau, en espérant que son idée était la bonne et lui sauvera la vie. Et cela alla au-delà des espérances, il fit la découverte d'une créature. Elle faisait 60 cm de hauteur, avait des yeux tout ronds et un nez de souris. Ses pattes étaient palmées, son corps beige et lisse. Mais le plus incroyable, c'est qu'elle avait des trous gris qui étaient la source de cette brume. La créature était terrorisée, d'où la brume, qui dans l'eau faisait un résidu noir qui nourrissait la Lapigyfère. Il s'approcha d'elle tout doucement et réussis à la caresser, alors lui vient le nom de Caligo, qui veut dire en latin brouillard sombre. Il l'amadoua pour la ramener avec lui, car elle était la réponse à leurs questions.

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Richard Laurence · il y a
Encore un grand bravo pour ce texte !

Il y a, dans cette finale, des textes de moins bonne qualité, mais le système de votes est ce qu'il est et cela fait partie du jeu... Ce système est un bon système parce qu'il récompense les gens qui votent et font des commentaires sur les textes mais il a aussi un effet pervers : il ne reflète pas réellement les goûts du public.

Je vous invite donc à venir prolonger le plaisir en participant à la "sélection du public" du Festival Off, sur le forum : http://short-edition.com/fr/forum/la-fabrique/imaginarius-2017-le-festival-off

Que la fête continue et longue vie au prix Imaginarius !

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Jarrié · il y a
Belle découverte qui préfigure de bien belles nouvelles. S'il vous de visiter http://short-edition.com/fr/oeuvre-tres-tres-court/le-banquet-de-ladolphine
Bonne soirée.

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Pat · il y a
Je vous découvre en même temps que la Lapigyfère. Que ne ferait-on pas pour faire avancer la science ? Je vous invite à faire un tour sur ma page contemplative et lumineuse.
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Richard Laurence · il y a
Un très beau récit de SF où il n'y a pas de monstres, pas de méchants, pas de suspense terrifiant propre au thriller. Un récit de SF au sens noble du terme, donc, avec un réel enjeu scientifique très convainquant et très bien expliqué (réussir à synthétiser une algue extraterrestre pour guérir l'asthme et le cancer du poumon) avec des personnages plein d'humanité (tous risquent leur vie pour la science), de courage (le scientifique qui veut aller sur le terrain) et de générosité (l'explorateur Marius, bourru en apparence mais doté d'un grand cœur). Et même un sympathique personnage qui arrive à la fin mais je n'en dit pas plus... Bravo ! Quand vous écrivez au début qu'une entreprise pharma s'était installée sur un planète pour en exploiter les richesses, j'ai pensé que vous allier nous décrire un monde dominé par la cupidité et le profit mais non. Il y a pas de "méchants" dans votre histoire et aaaah... ça fait du bien des fois un peu de douceur ;)
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Yann Olivier · il y a
J'aime. Je vote. 5 voix.
Je suis aussi en compétition avec une brume brumeuse ... :
http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/ainsi-soit-il-2

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Maëva Dépalle · il y a
Merci beaucoup, je vais aller voir ton histoire.
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Didier Lemoine · il y a
Mes voix pour votre texte. Si cela vous inspire, venez visiter "La princesse Alexandra" en route sur le prix IMAGINARIUS. Pour lire, et voter peut-être, c'est ici http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-princesse-alexandra
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Maëva Dépalle · il y a
Merci, je vais y jeter un coup d’œil.
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Richard Laurence · il y a
Un très beau texte !
Si vous souhaitez un commentaire précis et argumenté, n'hésitez pas à demander et, de même, ne vous gênez pas pour venir commenter, critiquer ou même détester ma "Frontière de brumes"...
Excellente fin d'année !

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Maëva Dépalle · il y a
Merci, ça me touche. Et je veux bien un commentaire précis, pour m'aider à m'améliorer. Car ça n'est pas parfais. Je vais aller voir votre histoire.
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Coraline Parmentier · il y a
Bonjour, votre histoire m'a plue. D'habitude, je ne lis pas la science-fiction mais avec votre nouvelle je suis restée jusqu'à la dernière ligne sans difficulté. Vous avez mes voix et mes remerciements !
Si mon royaume embrumé vous intéresse, c'est par ici...
http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-royaume-dans-la-brume

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Maëva Dépalle · il y a
Merci, je suis contente que l'histoire vous ai plus. Je vais aller faire un tour sur votre histoire.
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Pascal Depresle · il y a
Un superbe voyage. Mes voix. Si le cœur vous en dit mon univers vous est grand ouvert ( L'héroïne - Tata Marcelle )
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Maëva Dépalle · il y a
Merci beaucoup, je vais aller lire votre histoire avec joie.
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Valérie Landrin Grenet · il y a
Merci pour ce voyage sur la R45T300!
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Maëva Dépalle · il y a
De rien et merci d'avoir lu mon histoire.
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