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BREVE MONTÉE D'humanophobie adolescente

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Jon Ho

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Notre société s'est transformée en Nietzsche au carré. La morale est copieusement éclatée à coups de hashtags sur le pilori du lacis à priori social, ce labyrinthe exhibitionniste où chacun se caresse le nombril en hurlant la détresse de son insignifiante existence. Les imaginaires mécaniques sont formatés pour répondre au laxisme d'un public plus feignant que crétin. Les neurones sont alésés pour pouvoir suivre la direction des tubes métalliques que sont devenus les connections synaptiques. C'est l'âge d'or du calibrage, de la demi mesure, des mots bien alignés sur des pages d'histoires aussi molles que les montres de Dali. Il n'y a plus d'exigences de qualité il n'y a plus qu'un souci d'exister. Son nom sur la couverture d'un bouquin de 600 pages écrit avec une guirlande de 50 mots point barre. Des mots qui ne brillent pas dans la nuit, qui ne clignotent pas pour faire frémir les épileptiques. Des mots qui disent juste " Au secours je suis là "...

Alors bien sûr on écrit une histoire d'amour parce que les sentiments ont leur clientèle. On sait à l'avance que lors de l'étreinte finale entre Calen et Julia, la lectrice princesse va fondre de bonheur et sortir un instant de son quotidien pourri dans lequel son own private prince avachi sur le canapé regarde un match de foot en sirotant sa 8.6
La princesse désabusée referme le livre terminé en se disant - Waouwww c'était genial - mais au final, en jetant un œil dans le salon en direction de l'hystérique qui braille depuis 5 minutes parce que le PSG vient de marquer un but, elle se rend compte que c'est juste le décalage avec son monde réel qui est jouissif, pas le contenu du bouquin.

Alors elle veut plus de décalage et écrit ses propres histoires de romances sirupeuses. Elle n'a aucun talent, elle s'en fout, elle cherche juste une manière de survivre...

Il y a des profondeurs dont on ne remonte pas.
Des abysses fondues en pierres tombales qui grincent des dents comme des portes de cimetières.
Les chicots de la morts éclatent sous la pression du vide, la fraiseuse infernale élargit les trous d'un néant à l'autre de son visage en bandoulière, à jamais privé du sentiment d'exister.

Quand la lumière pénètre en de trop rares éclaircies, ce ne sont jamais que les projos aveuglants des questions de flics, toujours les mêmes, martelées en semonces, admonestations minables de la force d'apparence sur le coupable, évidemment menotté.

Des réponses ligotées, vous n'aurez qu'un rôti de vérité. Détachez moi et je vous montrerais comment je m'y suis pris pour la tuer, ouvrez ma cage, exhumez mon corps de ma sépulture carcérale et je montrerais comment je vais m'y prendre pour vous tuer.

La majorité des misanthropes ne sont que des philanthropes désabusés, sauvagement déçus de constater qu'une grande partie de l'humanité ne se montre pas digne du cadeau qu'est la vie.
La mascarade des pantins déficients, agitée par des ficelles mi string mi boursicotage, opèrent des choix absurdes allant systématiquement à l'encontre d'un bon sens que tu considères comme inné, que le plus crétin des idiots de village assimilerait en une fraction de seconde. Tu les soupçonne de faire exprès d'être cons pour s'épargner les douleurs de la conscience cognitive qui se prend comme un platane dans la gueule après trop de virages ratés.

La distribution d'opiacés par l'infirmière en fin de repas me fait penser aux hosties dominicales délivrées sans ordonnance par le prêtre a l'apothéose de sa messe.
On reste dans l'opium du peuple...
AMEN !

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Ludmila Constant · il y a
Camus disais que seulement les jeunes qui ont du talent ont le droit d'ouvrir leur gueule , les autres doivent attendre vieillir.
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Nicolaï Drassof · il y a
Flambée d'humanophobie adolescente. Tout est dit, les flambées retombent, l'humanophobie adolescente n'est qu'une poussée hormonale, et l'on retourne applaudir ceux qu'il faut, danser ce qui se danse, écouter machin mais plus lui, qu'on a adoré et qu'on brûle. Je crois que je fais une crise d'humanophilie persistante et maternaliste. Les pauvres petits, ne comprendront-ils jamais la vanité de leur rages. ? Je les aime dans leur folie !
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Cataut · il y a
Désabusé ? Voyons quelle idée ! (Humour). Nous sommes cernés.
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Jon Ho · il y a
Cernés ? Non, tant que nous resterons conscients et lucides nous serons au pire entourés
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Xavier Tenque · il y a
Et mieux vaut être entourés que cons cernés !
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Xavier Tenque · il y a
Comme une bouteille à l'amer, quand les veines bouillonnent de rage , en quête désespérée de sens.
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Jon Ho · il y a
J'aime bien flirter sur le rasoir de l'incohérence. Le sens est souvent dissimulé, tøujøurs présent mais sournoisement planqué
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Ardores · il y a
Un texte qui me paraît décousu, non uniforme.
Mais j’ai bien aimé le début.
Surtout, j’ai beaucoup aimé l’avant dernier paragraphe.

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Jon Ho · il y a
Bordel volontaire, impression de fil qui se perd
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