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Boucle d’Or à 20 ans … et quelques

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Agnès

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Les lampes de mon petit salon s’allument sur le clac de la porte que je ferme. Lumière trop blanche après les scintillements nocturnes des rues de Paris.
Soupir, sourire. Je revois les lampadaires du Pont Neuf qui défilent sur les bords de mon vélo. Presque mon moment préféré des soirées. Quand je rentre seule. Après la fête, après le bruit, après les corps frôlés et les rires échangés. Ce moment magique où être deux, serait être un de trop. Ce n’est que seule que j’ai vraiment 20 ans.

Je pourrais rester célibataire rien que pour le plaisir de ces retours intemporels.

Enlever mes chaussures. Ooops ! s’asseoir d’abord. Les particules de mojito qui habitent toujours mon sang, et surtout mon cerveau, ont bien anesthésié mon équilibre... entre autre !
Mojito ? La petite cicatrice sur la main du beau brun s’incruste derrière mes yeux. Je réalise qu’avec lui, mon verre n’était pas souvent vide justement ! Et maintenant il a mon numéro ?! Après tout... ce soir, j’ai 20 ans... et quelques.

Mais demain matin, j’ai travail, et je sens que je vais avoir plutôt « et quelques ». Au lit !

J’entre dans ma chambre. J’allume.
Les muscles d’un dos sortent de ma couette.
J’éteins. Figée. Merde.
Il y a quelqu’un dans mon lit.
Merde. On avait dit qu’on arrêtait ça ! Pas ce soir !
Pourtant, immédiatement, ma main droite s’ouvre en appel à la douceur de sa peau. Qu’est-ce qu’il a la peau douce pour son âge !
Je souris. Contente.
Rentrer seule vers un lit plein d’amour. Le bonheur au carré.

Salle de bain. Brosse à dent de voyage. Pas l’électrique, pour pas le réveiller.
Se déshabiller, dans le noir. La vieille fille à l’intérieur de moi se renfrogne à l’idée des vêtements en tas sur le sol. Je l’entends qui dit « C’est tellement pas efficace de les laisser trainer, plutôt que de les mettre directement, soit au sale, soit à leur place. Ça m’énerve ! ». Je lui fais violence, lui demande pardon, lui répond qu’elle peut probablement comprendre « je vais quand même pas le réveiller pour mes vieilles manies de maniaque ! ».
Je n’ai plus qu’une envie : m’endormir au rythme de son souffle.
Je m’allonge doucement sur le dos, tire comme une forcenée sur la couette, arrive à peine à couvrir un coin de mon ventre. Je tends le bras et perd la main dans ses cheveux.

Il a 11 ans, pour toujours trop grand pour que je le porte, certains jours encore trop petit pour dormir tout seul quand je sors.
Je suis une maman de 2 fois 20 ans... et quelques!
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