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Black opium

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Supalari

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J’ai tout d’abord perçu sa présence grâce à son parfum. Puis c’est sa voix que j’ai reconnu. Toute douce, elle appelait son jeune garçon, qui observait d’un air étonné les portes qui se refermaient automatiquement derrière lui. Elle n’était pas très grande malgré ses chaussures compensées. Un teint caramel, lui donnait un éclat gourmand. Ses cheveux habilement nattées lui retombaient en cascades dans le bas du dos. Comme un flash notre rencontre me traversa l’esprit.
« Je m’étais attardé dans un super marché pour me procurer du chocolat fabriqué localement par une entreprise et qui avait bercé l’enfance de bien de personnes dans mon pays avec sa marque. La compagnie ferma, et laissa une génération de grands enfants ivoiriens frustrés par cet abandon soudain. Arriver à la hâte aux portes d’enregistrement, je faisais partir des derniers passagers à s’installer à bord du vol en direction d’Abidjan.
La réservation avait été faite de façon impromptue suite à une surtension qui avait endommagé tout le système informatique du client. Ils avaient perdus énormément de fichier dont le logiciel de gestion vendu par mon cabinet. Mon siège était tout au fond de l’appareil. Je fus agréablement surpris de voir que son compagnon de voyage serait cette charmante jeune fille. Vêtue d’un chemisier, d’un jean et de baskets, elle me regarda gentiment et esquissa un sourire tandis que j’entreprenais de m’assoir côté hublot.
Son sourire, son sourire, son sourire. Le vol ne s’était-il pas crashé sans avoir décollé ? Voilà que j’entrapercevais les lueurs du paradis. Son sourire, son sourire, son sourire. Dois-je vous dire qu’elle était belle ?
Ce n’était pas un de ces sourires que l’on aperçoit dans les rues, ce n’était pas un de ses mets fades jetés au détour d’une ruelle à un vulgaire passant.
Son sourire, son sourire, son sourire. Avez-vous déjà vu les différentes étapes d’un sourire ? Voilà que devant moi le temps avait ralenti pour me laisser en apprécier les 50 nuances. Son sourire, son sourire, son sourire.
Nous avions trois heures à passer ensemble. J’ai béni cette surtension !
Elle s’était emmitouflée dans une écharpe bien résolue à dormir apparemment. Je décidai de lire le journal, une nouvelle zone industrielle était en construction.
Elle se réveilla lorsqu’on nous partagea les plateaux repas.
Au cours de la discussion j’appris qu’elle était un peu plus âgée que son joli petit visage joufflu m’avait faire croire. Elle avait un enfant, un mignon petit garçon de trois ans, elle revenait d’une mission et avait fait la fête une bonne partie de la soirée, raison pour laquelle elle était si fatiguée. Nous bavardâmes le temps du repas.
J’aperçu un parfum dans la brochure des produits « duty free » vendu durant le vol. Black Opium, j’avais testé ce parfum un jour lorsque je cherchais un cadeau pour la fête des mères. Je ne sais pourquoi, mais en la regardant je voulu le lui offrir. »
Aujourd’hui encore se fut donc un autre sens qui la reconnu, mon odorat.
Nous avions échangé nos contacts. Je n’avais pas eu le courage de la rappeler, mais voilà que Carina se retrouvait dans la même banque que moi.
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Miraje · il y a
Un voile de parfum, un sourire, une présence, une voix ...
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