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Betsabée

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Elle venait de réussir son bac, avec en prime une superbe Mention Très Bien. !
Betsabée était ravie et soulagée car, comme beaucoup d’élèves brillants elle était assez traqueuse et doutait de la valeur de ses copies.
C’était donc...dans la poche et, avec la mention elle pourrait intégrer cette classe préparatoire de prestige qu’elle espérait.
Son père étant en voyage d’affaires, la bonne nouvelle lui avait été donnée par téléphone et, il avait promis de rapporter un magnifique cadeau d’Afrique du Sud avec la promesse d’organiser, à son retour, une fête somptueuse.

Cependant, sa maman tenait à célébrer l’évènement sans attendre et avait invité Betsabée au petit restaurant thaïlandais que la jeune fille affectionnait.
Elles étaient donc parties dans la soirée, bien habillées, maquillées et parfumées pour cette petite fête. Maman avait même briqué sa voiture avec minutie !
Leur maison, située sur les coteaux de Bry, dominait la vallée de la Marne et elles pouvaient admirer à l’horizon le soleil couchant qui teintait le ciel de rose et de mauve.
Elles devaient passer sous un viaduc avant de tourner pour emprunter l’avenue qui menait au Bois de Vincennes et atteindre leur petit restaurant.
Le tournant était assez pointu et la conductrice ralentit pour le négocier.
A cet instant, sur la voie d’en face, une voiture surgit devant elles, suivie d’une autre qui la heurta violemment à l’arrière.
La première voiture s’arrêta alors qu’un homme furieux surgissait de la suivante.
IL était armé d’un nerf de bœuf et brisa la vitre du premier conducteur puis il s’acharna sur ce dernier avec une violence inouïe.
D’abord pétrifiées les deux femmes échangèrent un regard : elles ne pouvaient en rien secourir l’homme blessé qui criait. La seule chose en leur pouvoir était d’aller prévenir la police.
La mère accéléra et la voiture fila assez vite vers le commissariat de Nogent.
On reçut les deux femmes avec courtoisie. Elles étaient tellement émues et effrayées qu’elles bafouillaient et se coupaient la parole en tentant d’expliquer la situation aux policiers.
Finalement elles les accompagnèrent sur le lieu de l’agression.
L’homme au nerf de bœuf avait disparu.

L’autre voiture était là. Le conducteur, affalé sur le siège avait l’air assez mal en point.
Il portait plusieurs blessures : son arcade sourcilière saignait beaucoup et il avait un pied cassé ;
Cependant il était lucide, put témoigner et avait eu la présence d’esprit de relever le Numéro de la plaque de son agresseur.
Il reconnaissait avoir doublé ce dernier sur l’autoroute et s’être rabattu trop vite.
« Mais cela n’excuse pas une telle violence, affirmèrent les policiers. »
L’un d’eux raccompagna les deux femmes jusqu’à leur voiture mais il était trop tard pour aller au restaurant.
D’ailleurs le cœur n’y était plus...

Betsabée avait été très émue par l’incident, faisait des cauchemars et sa mère prenait beaucoup de temps pour la rassurer.
Les jours passèrent et, enfin Papa annonça son arrivée. Sa force tranquille permit une détente quasi immédiate de l’atmosphère.
Il écouta avec attention le récit de la mésaventure, commenta avec sévérité la conduite de l’agresseur, félicita les deux femmes de leur attitude...
« Et, ce n’est pas tout ça...Ma petite fille chérie a eu son bac ! C’est ça l’ important ! Avec mention...Comme je suis fier de toi, ma chérie !
Alors, on la prépare cette fête ? »
Betsabée lança ses invitations tous azimuts.
Sa mère établit le menu et contacta le traiteur.
Son père décora la terrasse, installa le buffet et installa des petites lampes un peu partout dans le jardin.

Il faisait beau ce soir- là, veille des réjouissances.
Tout était prêt.
Betsabée et ses parents dînaient sur le balcon.Tout était calme.
La nuit fit s’illuminer les lumières de la ville en contrebas.
Betsabée les admirait et regardait l’herbe brillante de leur jardin, les allées qui descendaient en pente presque vertigineuse vers la Marne.
Lorsque sa Bonne –Maman venait leur rendre visite, elle n’arrêtait pas de s’exclamer :
« Mon Dieu ! Comment faites- vous, Paul pour passer la tondeuse dans ce précipice ? Je ne ferais pas deux mètres dans votre allée... »
Bersabée sourit en évoquant sa chère grand-mère. Elle ne viendrait pas à la fête « Trop de jeunes, je ne serais pas à ma place... » mais elle avait promis de venir déjeuner le dimanche suivant.
Nul doute qu’elle ne viendrait pas les mains vides. Elle avait l’habitude de faire des cadeaux à la jeune fille. « C’est mon plaisir de la gâter, répétait-elle. C’est ça le plaisir de ma vie . »
Betsabée sourit.

Et c’est là qu’elle les vit.
Ils étaient trois, trois hommes sombres qui gravissaient l’allée lentement, sans se presser.
Ils montaient souplement la pente abrupte.
Betsabée reconnut avec angoisse parmi eux, l’agresseur .
Ils portaient tous les trois à la main des nerfs de bœuf qu’ils faisaient siffler.
Ils souriaient d’un mauvais sourire. Malgré la nuit qui tombait on voyait luire leurs dents...
Ils étaient si menaçants que la jeune fille se mit à hurler.
La mère semblait paralysée et restait assise, le regard fixe, comme hypnotisé.
Le père, affolé, courut vers la maison pour chercher une arme de défense.
Mais il était déjà trop tard .

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Jarrié · il y a
Il n'y a pas de raison que vous soyez la seule à donner de la voix. Vive la commune libre !
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Jacqueline Milhaud · il y a
Metci beaucoup pour le soutien et pour l'humour !
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Jacqueline Milhaud · il y a
Je vais quand même me mettre une voix !
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Odile Duchamp Labbé · il y a
Connaissent pas le téléphone vos personnages... ou alors c'était avant. Triste époque!
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Jacqueline Milhaud · il y a
Peut être manque de présence d'esprit ...et les policiers seraient ils arrivés à temps? Merci pour votre critique . Je vais lire votre nouvelle .
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