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Babelio - Août 2015 - L'Odeur

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Caroline-H

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Je choisis toujours celles qui sont de petits formats de manières à choisir combien je veux en utiliser selon mon humeur ou la nécessité. Elles sentent les fruits rouges. Elles sont bon-marché, et l’odeur est un peu trop forte selon certains. Mais elles ont un pouvoir extraordinaire.

J’ai passé une terrible journée. J’ai de nombreuses décisions à prendre, des choix qui auront un impact important sur ma vie, mon avenir. Mais la ville est bruyante et agitée. Le temps semble refléter mes émotions puisque le vent souffle et gémit J’ai l’impression que ma tête va imploser. Les gens dans les rues ne cessent d’aller et venir, se pousser du coude, impatients d’en finir avec cette journée. Mes jambes me font souffrir, et je me demande parfois si je vais réussir à rentrer, quand – enfin- je me retrouve sur mon porche.

Je retire mes chaussures en rentrant, et je grimace à la douleur lancinante qui se propage soudain dans mes pieds. J’ai vraiment froid, les bourrasques de vent m’ont glacé les joues et le nez, le froid a traversé ma peau, s’est incrusté dans mes os. C’est alors que je me rends dans ma chambre pour allumer trois de mes petites bougies. Je referme la porte en sortant, afin d’effectuer ma routine du soir. C’est quand j’ouvre la porte de ma chambre un peu moins d’une heure plus tard que ces merveilles commencent leur magie.

A peine suis-je entrée que je suis accueillie par une puissante vague de chaleur qui m’enveloppe complètement comme une couverture épaisse. Mais cette chaleur ne provient pas uniquement des petites flammes ; elle est à la fois olfactive et émotionnelle. La chambre est devenue un cocon qui sent la fraise et la framboise ; la cerise et les barbapapas. Elle sent l’enfance et l’innocence, les fous rires et la tendresse. Je sens l’odeur des sucettes que je partageais avec ma petite sœur. Je sens le goût des différentes baies que l’on cueillait lors de nos promenades en famille. Je me souviens du premier gloss parfumé que j’ai acheté quand j’étais au collège. C’est l’odeur du bonheur. L’odeur d’un premier baiser. Cette senteur douce et sucrée prend possession de mon esprit, et des images m’assaillent et me réconfortent : j’ai l’impression de lentement m’immerger dans un bain chaud. L’eau recouvre progressivement chaque partie de mon corps, et je sens mes muscles se relaxer. Ou alors, je suis un nourrisson blotti contre la poitrine de sa mère, dont les battements réguliers de son cœur me bercent et m’endorment. Soudain, je suis une jeune fille entourée de ses amies et riant aux éclats.

Et soudain je me sens légère. Je suis simplement moi. Alors que je m’installe dans mon lit, je suis dans un nuage, et j’ai l’impression que mon corps se liquéfie. Je souris : je me sens bien.

Je ferme les yeux.
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